Textes pour le mois de March 2004
Vérité
de Thomas le Sunday 28 March 2004
Je descends les escaliers lentement. Cela fait maintenant dix minutes qu’aucun bruit ne résonne dans la maison. Ma mère assise dans la veranda tire une grande bouffée de nicotine tandis que mon père, se dirigeant vers moi, me lance discrètement “je viens d’en apprendre une bonne…” Sachant pertinemment à quoi il fait allusion, je lui réponds “quoi ?” par pure politesse. “Ta soeur… Et Laurence… Elles sortent ensemble !” Je souris naïvement, plus par nervosité que par envie. “Et je suppose que tu le savais ?” Je ne dis rien.
Une tranche de vie… une… avec plein de moutarde. La vérité pique après dix mois de mensonges.
Ma soeur est enfermée aux toilettes. Elle devine la substance de ce silence. Laurence ne l’a pas trahie, juste devancée. Mon père passe devant la porte, frappe trois coups, hésite puis dit “ça ne nous pose aucun problème, l’essentiel est que tu sois heureuse…” Elle ouvre la porte, il est déjà parti. Elle avance vers ma mère ne sachant que dire. Les larmes prennent la place du discours ; je m’éclipse, je suis de trop.
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JF+I
de Thomas le Sunday 21 March 2004
Quand on détourne un simple mariage cordial et conventionnel en beuverie familiale, le lendemain, on n’ose même plus regarder les siens dans les yeux. Les souvenirs me reviennent par bribes et me rapprochent un peu plus de la honte. Je prie. Pourvu que tous m’aient vu à travers un brouillard éthylique, associant ainsi la réalité aux songes.
Nous ne sommes plus les enfants qui jadis couraient entre les chaises, se cachaient sous les tables. Désormais, des chaises, nous tombons et sur les tables, nous dansons… Enfin, “danser” est un mot qui ne désigne absolument pas les cabrioles et autres facéties que le vin nous condamne à commettre.
Ni débat, ni prise de tête, juste une décadente turpitude qui lessive l’esprit afin d’aborder le lundi avec moins d’anxiété.
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Dawson, ce héros
de Thomas le Tuesday 9 March 2004
Dialogue (presque) trouvé dans une série anodine décrivant les relations d’une certaine catégorie d’adolescents américains de 16 ans.
Joey : Tu sais Dawson, je puis certifier que le désaccouplement de ta sphère parentale fut pour ton subconscient un pragmatisme lancinant !
Dawson : Ton allégation est indubitablement ad hoc cependant, Jane est un membre du sexe féminin, c’est-à-dire aux antipodes de celui qui chamarre ma personne, et je la conçois comme affriandante et gracile. Mon emphatique phallus entre en intumescence dès qu’à la perpendicularité d’une chaussée asphaltée, je discerne la moindre parcelle de son enveloppe épidermique.
Joey : Ne déchiffres-tu pas dans ses agissements identitaires une profonde sollicitude à l’égard de la virilité des individus dont la masculinité à fait preuve lors de multiples groupuscules hétéroclites, ludiques et éthyliques.
Dawson : Joey, à cause d’un antagonisme ardélion, tu construis des amalgames entre notre analeptique accointance et l’obsessionnelle concupiscence que je voue à Jane.
Joey : Ton abjecte mitoyenne te rend anophtalme… Cette logomachie ne décantera nullement notre séditieuse anicroche !
Dawson : Tu as ardemment discerné notre conjoncture relationnelle…
Joey : Quelle est l’enthousiasmante affabulation qui, dorénavant, s’adjugera notre indéfectible conciliabule ?
Dawson : Cinoche ??
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Le lundi, j’ai philo
de Thomas le Monday 8 March 2004
J’ai des cours de philosophie cette année… Enfin, c’est pas vraiment de la philo au sens où on l’entend. La prof nous apprend - paraît-il - à nous rendre compte de nos choix de vie, de la complexe construction de notre identité. Cela pourrait être très chouette sauf que je n’ai pas 18 ans comme la majeure partie de la classe. Eux, ils lèvent le doigt à la moindre occasion : “Mais madameûûûûû, vous voulez dirre que la vie a pas d’sens et qu’on sait pas ousqu’on va ? Mais si on doit réfléchir à touske vous disez… On va s’casser la têêête !”Coût de deux longues heures de cours à trépigner sur ma chaise : un bic noir… tout simple peut-être mais je l’aimais quand même bien…
Bien sûr, on peut avoir 18 ans et être mature… Je ne veux pas manquer de respect à ma gentille classe pleine de tensions ! Je parle ici de ceux qui sont intervenus durant le cours.
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