Textes pour le mois de April 2004
Rire jaune… orange
de Thomas le Sunday 25 April 2004
Dans cette atmosphère nébuleuse, seules les pointes de cigarettes laissent entrevoir les visages consummés par la nuit. Je suis au fond de mon siège, aussi loin que je peux de la réalité. Elle est à côté de moi et discute avec trois aspirants au bonheur. Ces derniers font mine de ne pas me voir. Une impression de n’exister pour personne. J’avale une gorgée de bière et replonge dans mes songes, les yeux rivés sur les imperfections de la table.
Le bruit d’une pierre se frottant contre la roulette d’un vieux briquet attire le peu de conscience qu’il me reste à cette heure indue. J’émerge, regarde vers la gauche et observe, affligé, le manège. Un de ceux qui évitent mon regard depuis le début s’applique à enflammer le bout de plastique rouge. Tout le monde attend que la divine flamme jaillisse.
Ma main farfouille déjà la poche de mon jeans. J’en sors un briquet… Mon briquet. Je le lui tends tandis qu’un sourire incisif taillade mon menton. Je ne peux le réfréner. Lui aussi sourit, peut-être par mal-être… Ou peut-être pas. Quoiqu’il en soit, il n’aura jamais que mon briquet.
Ils la voudraient pour eux. Je la veux pour elle.
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On a highway
de Thomas le Thursday 22 April 2004
Ce matin-là, le sommeil m’appellait, utilisant ses habituels stratagèmes, se servant de cette hypnotisante voix lugubre qui vous plonge dans une inconscience éveillée. Mes yeux étaient pourtant bien ouverts. Ils essayaient de transpercer ce voile éthylique. Les passants nous observaient, devinant la débauche qui avait précédé cette léthargie. La nuit m’avait pourtant paru courte. J’avais espéré en vain qu’elle ne prenne jamais fin…
Je n’avais qu’une envie : rester sur ce banc, le visage enfoui dans les sentiments, lacéré par les regards des adultes responsables. Seulement, un troisième bus avait fini par emporter l’espoir d’une jolie matinée.
Mes jambes connaissaient le chemin. J’évitais les étudiants frais, reposés et qui m’auraient posé trop de questions. Tout en marchant, je revivais la nuit dans le moindre détail ou presque. Je créais des souvenirs.
J’entrai dans ma voiture.
Tenir trente kilomètres, trente petits kilomètres. Ne penser à rien d’autre qu’à la route. Ouvrir les fenêtres pour que pénètre le vent revigorant. Augmenter le volume de la radio. Déchiffrer la plaque minéralogique de la voiture qui me précéde. Rester concentrer.
Il ne me restait à peine que six minutes avant de rejoindre Morphée, ce tortionnaire, quand une secousse détacha mes paupières. Sur la bande de gauche, deux de mes roues avaient enfreint la ligne blanche et écrasaient à présent le gazon du bas-côté.
Le vertige me sortit de l’engourdissement tandis que déjà la réalité m’insultait. Je suis un imbécile irresponsable.
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Exquise sensation
de Thomas le Wednesday 21 April 2004
Qu’il doit être agréable de ne pas se poser de questions.
Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps. Laissons-nous porter par le temps.
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Veda
de Thomas le Monday 19 April 2004
Comment définir un phénomène comme Veda ? Disons que c’est un petit bout de caractère plein de contradictions dont le premier amour est le rock and roll. C’est aussi sans doute celui qui la blessera le moins.
Outre la dizaine de paillettes qui fardent ses paupières, ses yeux brillent continuellement. Enrobé dans de mélodieuses mèches brunes, son regard dégage une telle passion qu’il est impossible de lui résister et de camoufler son sourire le plus tendre. Sa nuque pourrait inspirer le plus virtuose des poètes.
Veda est un rêve plus vrai que la réalité. Fleur sauvage aussi rare que colorée, même ses colères sont tendres. Qui pourrait être assez fou pour vouloir lui faire du mal ? Sa souffrance serait la plus cruelle des tortures.
Une conversation avec Veda, c’est comme déguster un paquet de chips… Une fois qu’on a commencé, on ne peut plus s’arrêter. Moi, je l’aime bien Veda. C’est du charme à l’état pur.
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Mal au coeur
de Thomas le Friday 16 April 2004
Je la détruis encore un peu plus, je la déçois jusqu’à ce que la colère emplisse son coeur mais je ne contrôle pas mes actes. Une force implicite, invisible, incompréhensible guide mes mots. Un à un, ceux-ci sortent et me surprennent. Je ne peux cependant les réfréner. Ils se jettent sur le papier et le noircissent de sombres pensées. Je n’ai aucune autorité. Pire, je ne veux pas en avoir. Il est temps d’ouvrir la porte du placard aux squelettes affamés de sinistres émotions, de mélancolie destructrice.
Monte en moi une envie irrépressible d’écarter tout ce qui pourrait contrer l’oxygène libérateur. Regrets ? Sans doute. On a toujours des regrets, tout le temps et pour tout… Surtout lorsqu’il s’agit d’amour. Seulement ce mot est tabou sous peine d’une peur de rater “sa” vie. Non, d’une peur que les autres croient que vous rater “votre” vie.
L’échec est peut-être le travesti du bonheur qu’un jour on dénude, époustouflé d’amour.
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