Textes pour le mois de October 2004

Je suis venu vous dire…

de Thomas le Wednesday 20 October 2004

Bravo aux étudiants universitaires liégeois qui manifestent contre l’intention de Legros (non, dans ce cas-ci, on ne dit pas “Dugros”) de mettre un terme à l’absentéisme lancinant qui frappe tous les jours de plein fouet les austères auditoires.

En plus, leurs petits rassemblements “de merde” sont d’une flagrante utilité* en cette période de mécontentement estudiantin. Certains se plaignent de ne pas avoir assez d’argent pour pouvoir travailler… Et d’autres protestent parce qu’ils doivent travailler.

Ah oui, j’oubliais, je ne pratique pas l’amalgame. Ces quelques mots ne concernent que ceux qui ont participé les “cons”.

* ironique.

Imbuvable

de Thomas le Monday 18 October 2004

Lorsque je ne bois pas, le vendredi soir m’effraie.

Les jeunes branchés éperdument désinhibés, affichant leur insouciance sans vergogne, me pétrifient. Les mains enfoncées bien au fond de mes poches, j’observe par défense plutôt que par intérêt. J’essaie de disparaître dans la masse, de m’évanouir dans l’opacité brumeuse de la nicotine.
Mais c’est moi qui me consume.
Moi qui brûle.
Moi qui m’enflamme.
Moi qui m’enfièvre. Mes tempes tremblent. A chaque bouffée d’air, mon corps vacille… Jusqu’à peut-être perdre connaissance… Non ! Pas encore.

Il faut tenir au milieu de la foule hilare. Penser à d’autre lieux afin de supplanter les sueurs froides. Mes yeux sont incontrôlables. Ils regardent les gens danser, s’enlacer, s’embrasser, tomber, se relever. Sobre, tout cela ne rime à rien. Ne pas se sentir à sa place est un supplice.

Mais pourquoi donc ais-je refusé ces verres ?

Aveugle la nuit durant

de Thomas le Monday 18 October 2004

Je monte quatre-à-quatre les escaliers, pousse la porte de ma chambre et arrache presque le pull qui m’enserre. Le matelas amortit ma chute. Mon ventre se contorsionne invisiblement jusqu’à déformer mon visage.

Heureusement, elle est là. Tout près. Je l’entends. Elle s’approche. Agenouillée à mes côtés, elle appose délicatement un gant de toilette humide sur mon front, terminant le rituel d’un baiser gratifié de son plus tendre sourire.

“Il faut que tu dormes, le mal passera peut-être…”

Je ferme les yeux, pressant ses cheveux contre ma poitrine. La chambre est noire. Peu-à-peu, les ombres disparaissent tandis qu’elle s’éloigne. Je la regarde. Elle semble dormir quand tout-à-coup ses paupières laissent place à deux pupilles alertes.

“Dors… Tu te lèves tôt demain !”

Elle se détourne, me laissant comme seul spectacle sa nuque emmêlée de cheveux. J’observe sa respiration, feignant le sommeil. Les minutes fuient. Sans un mot, elle se lève. Ses pas résonnent dans l’escalier. La soirée m’a échappé. Mon esprit s’échauffe. A chaque cliquetis de l’horloge, mon incompréhension jaillit un peu plus.

La porte s’ouvre. Son corps se glisse sous les draps.

“Tu vas bien ?”
“Je n’arrive pas à dormir. Toi, il faut que tu dormes !”
“Reste près de moi…”

Le silence s’installe, implacable. Un grand silence blanc. Je cherche, je cherche, je ne comprends pas. Bien vite, elle met un terme à toute élucidation en saisissant son oreiller pour disparaître à nouveau dans la cage d’escalier.

Je pleure. Ou je rage. Je ne sais pas. L’imagination me torture. Ce n’est plus mon ventre qui désormais me tenaille. La douleur est plus haute et plus profonde.

Bip. Il est six heures. Combien de temps ais-je somnolé ? Une seule certitude. Elle n’est toujours pas là.

Issue

de Thomas le Saturday 9 October 2004

Sea, sex (and sun).

Star-crossed lovers

de Thomas le Saturday 2 October 2004

Connait-elle ce sordide sentiment de faute ? A-t-elle déjà vécu ce redoutable silence ?

La moindre tentative de rédemption n’est qu’un échec cuisant. Les excuses s’écrasent une à une contre le rempart sombre de sa colère… ou de sa déception. Je ne sais pas. Je m’enfonce un peu plus dans les ténèbres de cette tristesse ambiante.

Je ne devine aucune jubilation dans ce regard, sous ces jolies mèches noires. La victoire est stérile. La passion double les contusions, amplifie la douleur, contamine les amants effrontés.

Je suis encore couché à ses côtés, la main maladroitement posée sur son ventre. J’attends. Je cherche une ultime parade. Retenant mes larmes. Refusant la compassion. Je veux être puni pour ce que j’ai dit mais pardonné pour ce que je suis.
Ce que je vis, à travers elle.
Ce que nous sommes…