Textes pour le mois de May 2005

Clermont-F. III

de Thomas le Wednesday 4 May 2005

Il est 06h45 et dans une protestation muette, la SNCF met un terme à ce début de journée.

Au milieu de la circulation ambiante, je traîne ma fatigue jusqu’à la terrasse d’un bistrot.

3€20 le café. On m’apporte une tasse minuscule tandis que le « Napoleon solo » d’At the drive-in fustige mes tympans mal-éveillés.

This you know… This is forever…

Le bleu du ciel éclaircit les pensées sombres des badauds portés par l’aube malgré eux. Les bus s’enchaînent comme les minutes, emportant les vies dans leur tourbillon quotidien.

Ce matin encore, mon cœur ne bat que pour nos retrouvailles. Au lieu de s’estomper, la sensation de manque s’amplifie.

La fraîcheur durcit ma peau mais intérieurement je fonds. Mon séjour est fantastique… à défaut de sa seule présence qui aurait déchiré chaque minute d’une lumineuse tendresse.

Son corps me manque.

… Trois jours…

Clermont-F. II

de Thomas le Tuesday 3 May 2005

Encore une nuit à me morfondre de sa féminité. Les jours passent, abrégeant peu à peu la douleur du manque.

Il est 08h25. Un arc-en-ciel se forme entre les rayons humides du soleil et dans l’immaculé nuage, je vois à présent son appétissant visage.

Le vent d’Auvergne glisse le long des volcans défunts, s’engouffre dans la vallée, se cogne contre les bâtiments, passe entre les voitures et fouette la chair des passants.

Tandis qu’il assèche la dimension réelle de ma mélancolie, son visage se décompose pour prendre la forme d’un nuage. Amer, je comprends alors que ce produit de mon imagination contusionnée n’est qu’un phénomène météorologique.

… Quatre jours…

Clermont-F. I

de Thomas le Monday 2 May 2005

Je me souviens des senteurs de sa peau, de ce parfum vedaïque qui me fait frémir.

J’essaie de ne pas sombrer dans la folie du manque en m’efforçant de reconstruire mentalement quelques moments forts de notre histoire.

En treize mois, je ne sais que choisir. Treize mois à reconstituer en imagination est un exercice mental presque impossible. Eprouvant en cet éloignement soudain.

A six heures de train de ses yeux, le temps s’allonge comme un chewing-gum dépourvu de goût.

Affreuse langueur qui me persécute jusqu’à quelques vaines prières. La téléportation n’existe que dans les doux rêves que je régurgite chaque nuit dans des draps déformés par son absence.

… Cinq jours…