Textes pour le mois de June 2005

Sombritude

de Thomas le Thursday 16 June 2005

Je sombre petit à petit dans un engourdissement cérébral certain, provoqué par de trop nombreux « non-dit » insultant silencieusement mes capacités de réflexion.

Je sombre petit à petit dans des pleurs stupéfaits de cette incompréhension foudroyante qui a terrassé cette journée en quelques secondes.

Je sombre petit à petit dans ce désespoir, incapable de lui donner mes yeux pour percevoir cette tension ambiante que ma subjectivité interprète comme une mortelle douleur.

Je sombre petit à petit à cause de la chaleur oppressante et des senteurs âcres des produits de nettoyage qui engluent le sol souillé par ces disputes interminables.

Je sombre petit à petit dans la matière informe d’un cours de phonétique dont toutes les pages se ressemblent, exception faite du petit numéro en bas à droite.

Je sombre petit à petit dans la solitude du deuxième étage où le mélange incolore des murs semble des barreaux, ultimes obstacles à mon envie de hurler.

J’aimerais sombrer petit à petit dans l’insouciance de l’alcool, puis dans l’indolence d’un matin où je ne ressentirai pas cette funeste culpabilité qui me fait vomir.

Epilogue de la douleur

de Thomas le Tuesday 7 June 2005

Des décisions qui déchirent. Des décisions qui semblent trahir. Des décisions indispensables.

Parfois, on se retrouve devant l’impossibilité d’un choix. Impuissance à travers laquelle ressurgissent les désespoirs de quelques images écœurantes.

Prendre ces estampes psychiques par la main et les jeter au fond d’une cuvette. Encourager le tourbillon liquide à s’évaporer dans les conduits les plus noirs d’une existence.

Ainsi noyés, ces détresses, ce chagrin, toute cette violence laisseront la place au possible dessein d’une résurrection.

J’étais là avant. Je serai là pendant. Je serai là après.

Divers degrés de soulagement

de Thomas le Monday 6 June 2005

Je l’ai cru.

Que l’infiniment petit allait s’altérer, dépérir, flétrir sous l’affluence de substances chimiques déconseillées. Subissant les attaques médicamenteuses, les morceaux des morceaux de cellules se détacheraient jusqu’à disparaître… A l’instar de notre allégresse quotidienne.

Inconscients, nous attendions le lundi et la réouverture des commerces pharmaceutiques. Vous savez ? Ces vitrines où s’amoncèlent ces petites boîtes uniformes et onéreuses qui vous promettent “un prompt rétablissement”. Ces négoces qui, sous leur aspect bienveillant, contraignent les clients à balbutier leurs honteuses commandes.

Bouuuuh ! La société n’accepte pas
ces comportements cher Môôôsieur !

Aucune escapade matinale. Cette nuit, la liqueur purpurine nous sauva d’une culpabilité certaine.

Fauter dans l’ultime possession de l’autre. On ne nous y reprendra pas.

Asphyxié

de Thomas le Saturday 4 June 2005

Je referme Asphyxie avec l’envie d’écouter de tristes mélodies, de pousser le volume à son paroxysme, jusqu’à ce que crachent les baffles engourdis par un trop long silence. Mon choix s’arrête sur I Love You Golden Blue.

Je me laisse consumer par les notes, entouré par les mots, aveuglé par la couleur laiteuse des pages. Il m’est impossible de quitter ce livre. Je suis assis sur le divan bleu, errant dans cette histoire d’amour intoxiquée qui m’invite dans la projection d’une plausible réalité.

Je me questionne. Qu’est-ce qui sépare une personne de l’être qu’elle a tant aimé et qui a désormais disparu.

Est-ce la mort ? Ou la vie…