Textes pour le mois de September 2005
Redécouverte
de Thomas le Friday 30 September 2005
Je n’avais jamais écouté “Hey Jude” avec autant d’attention que cette après-midi. J’en suis encore muet. C’est beau. Très beau. Pourquoi suis-je un enfant du XXIe siècle ?
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Abysses
de Thomas le Friday 30 September 2005
Je m’enfonce dans le gouffre.
Je m’engouffre jusqu’au fond, jusqu’à ce que le ciel qui étincèle de son plus beau gris prenne une noirceur absolue.
Accablé par la sédition muette qui brûle mon bassin, j’aimerais que disparaissent la gravité et toutes les lois qui sont l’essence même de la réalité. Un sentiment de légèreté.
J’aimerais aussi que ce vertigineux plongeon s’arrête brusquement pour laisser ton corps devenir l’échelle inespérée de ma résurrection.
A quel moment ai-je perdu pied ?
Rattrape-moi. Remonte-moi. Sauve-nous de ce tourbillon qui m’emporte. Couvre mes plaies de baisers. Anesthésie-moi de tes caresses.
Ou rejoins-moi, et nous finirons ensemble dans l’infinie tendresse de ces ébats corrosifs.
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Qualifier la vie
de Thomas le Tuesday 27 September 2005
“La lumière au bout du tunnel est toujours un train” J’ai lu ça dans le Ticket, je crois que c’est le titre en anglais de l’album d’un quelconque DJ…
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Un monde encore pire
de Thomas le Monday 26 September 2005
01h15. Comme aspiré par une douce étreinte, je m’endors dans l’apaisement le plus complet.
06h30. La porte de la chambre s’ouvre et dans le clair-obscur de l’entrebâillement, une silhouette inconnue se dessine. La lumière jaillit, les paupières de Veda se desserrent aussitôt rejointes par ses lèvres. Le murmure qui en émane me glace d’effroi : « Il y a quelqu’un. »
Puis les secondes qui suivent s’écoulent aussi rapidement que la réalité se trouble. Les pas qui écrasent bruyamment l’escalier. Les cris. Leurs cris. Mes cris. Ceux de Veda aussi. Tous résonnent dans la maison, s’engouffrent dans l’entrée et s’évaporent dans la rue encore déserte.
Une minute plus tard. Je suis sur le trottoir, pieds nus. Le silence a repris son monopole. Pas un crissement de pneu. Pas d’enjambées apeurées qui détalent au loin. Pas une porte qui fracasse ses chambranles. Je les ai déjà perdus. Nous avons tout perdu. Enfin, à ce moment-là, c’est ce qu’on se répète. Sans cesse. Avant même de savourer notre chance, avant même de comprendre notre veine : nous sommes indemnes. Elle est indemne et aujourd’hui, pour moi, c’est tout ce qui compte.
Je remonte les marches et arrive dans un salon dévasté où, seule, Veda contemple le vide. Un vide sentimental bien que matériel. Un vide dont on se serait bien passé.
Après avoir constaté les dégâts avec les policiers et l’équipe scientifique, nous nous retrouvons esseulés avec nos dégâts à nous. Du vol, on en vient au viol. Celui de notre intimité, de notre « chez nous ».
Quatre heures auparavant, l’appartement était souillé par des inconnus. Peut-être ces hommes qui tournent au coin de la rue ou ceux-là, attablés à la terrasse d’un café. Nous ne sommes plus sûrs de rien ni de personne. Et maintenant, nous n’avons dans la bouche que des « si » qui ne nous rendront jamais nos biens.
Tous ces cadeaux qu’on s’est fait au fil du temps se sont évanouis avec leurs souvenirs joyeux. Nous sommes amers, assoiffés de vengeance. Je me surprends à vouloir assassiner ces types. Entendre leurs vertèbres cervicales craquer sous mes doigts furieux.
Désormais, une seule règle s’impose à nous : ne pas céder à la paranoïa, ne pas trop observer le moindre passant qui, dans un élan de curiosité, lèvera les yeux vers nos fenêtres.
Pourquoi doit-on se barricader contre les cambrioleurs, les voleurs et les violeurs ? Pourquoi devons-nous faire attention alors qu’eux sont en tort ? Je ne contourne pas la loi moi !
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Butin
de Thomas le Friday 23 September 2005
Ce matin, nous nous sommes réveillés Veda et moi avec la présence très déplaisante de quelques cambrioleurs. Nous avons perdu un lecteur DVD, un lecteur vidéo, une guitare électrique Epiphone Stratocaster, un baladeur mp3, un GSM, deux paquets de cigarettes à peine entamés, une veste en cuir vintage, une cinquantaine de DVDs (des films que nous chérissions, dans le désordre : Gilda, Fight Club en coffret, Mulholland Dr. en coffret, Rules of attraction, Apocalypse Now en coffret, Platoon, Outrages, Scarface, Lost Highway, Ils se marièrent… Cidade de Deus, Shining, Orange Mécanique, C’est arrivé près de chez vous, Das Experiment, Meeting people is easy, Tueurs Nés, Fire, walk with me édition collector, Human Traffic, Ceux qui m’aiment prendront le train, La 25e heure, Basketball Diaries, Velvet Goldmine, Taxi Driver, 5 saisons complètes de Friends, 2 Seigneurs des Anneaux…)
Messieurs les cambrioleurs, nous n’avions pas besoin de vous pour comprendre notre matérialisme ! Si l’un ou l’autre Liégeois aperçoit sur un marché quelconque plus de 10 DVDs repris sur la liste ci-dessus ou la guitare, envoyez moi un mail… Merci.
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