Textes pour le mois de February 2006
Page vingt-huit
de Colin le Tuesday 28 February 2006
Mardi gras. Même si personne ne donne sens à cette fête, j’eus l’impression toute la journée que les gens portaient des masques. A commencer par Gaël qui passait sans doute chez moi à dans l’optique d’un cessez-le-feu. Il ne prononça pas un mot au sujet de Vanessa et de notre discussion téléphonique de jeudi. Notre conversation fut plus badine que jamais. Le cinéma venait toujours à point pour sauver deux amis qui n’ont strictement rien à se dire ou plutôt qui ont des sujets tellement lourds à aborder qu’il vaut mieux la fermer. Vers 14H00, je remerciai Gaël de sa visite et surfai sur Internet le reste l’après-midi.
Au hasard des sites que je consultais, je tombai sur Immoweb ou plus particulièrement sur une espèce de mini-loft à louer, à une centaine de mètres de chez moi. Un coup de foudre matérialiste le plus complet m’assomma. 80 m² - 350 € plus charges - une immense pièce surplombée par une mezzanine au dernier étage d’un immeuble anodin. Je téléphonai directement à l’agence renseignée et réservai une visite pour le lendemain. Il est vrai que je me sentais de plus en plus à l’étroit ici. L’avantage étant que cet appartement ne me coûtait rien. Il m’appartenait. Et puis j’avais ramené pas mal de filles ici. J’en avais aussi plaquées pas mal. Quelquefois de manière tout à fait déplorable, j’en conviens. Je ne me sentais donc jamais à l’abri d’une mauvaise surprise : un frère en colère, un cocu jaloux ou même une demoiselle revancharde. Je me promis donc de tout mettre en oeuvre pour obtenir ce nouveau bien. Quoiqu’en pense La Vermine.
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Page vingt-sept
de Colin le Monday 27 February 2006
Ma collocation provisoire dura jusqu’onze heures deux. Ces deux dernières minutes étant la durée d’une quasi apnée pendant laquelle Daphnée contorsionna une dernière fois sa langue dans ma bouche en guise d’adieu. Lorsque la porte claqua sur sa caresse, je m’écroulai dans le canapé. Le médecin le plus incompétent aurait pu diagnostiquer sans mal une overdose de sexe. Les rideaux étaient toujours fermés. Je n’avais plus réellement été atteint pas la lumière du jour. C’était Daphnée qui sortait acheter les clopes et le reste. J’eus alors envie d’une longue promenade sur les quais ensoleillés. Je quittai donc l’appartement. M’abandonnant de temps à autre sur un banc pour rejoindre en pensée la pointe nord de l’Europe.
Ce lundi appartenait à ces journées nostalgiques dont on oublie la tristesse qu’à travers un personnage de jeu-vidéo. Je rentrai donc pour terminer la partie entamée trois jours plus tôt dans une chambre qui empestait/embaumait encore la sexualité de Daphnée.
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Page vingt-six
de Colin le Sunday 26 February 2006
J’ai échappé à tous les coups de fil. Qu’ils soient de Gaël ou de relations anonymes à qui je n’avais pas envie de cacher mon “jemenfoutisme” intégral. Sexe et Contrex. C’était mon nouveau programme tant que Daphnée était en Belgique. On s’est quand-même regardé quelques films dont - Eclipse Totale ou Les lois de l’attraction - qui nous confortaient dans notre envie de ne rien faire. Le tout entrecoupé de longues périodes de somnolence.
Daphnée dépensa sur le week-end plus de 60 euros en capotes, aux coloris et parfums divers. Je ne pus m’empêcher de penser à tous ces pauvres “pauvres” qui crevaient dans la solitude absolue tandis que nous nous vautrions dans la jouissance à l’aide de plus de 60 euros de caoutchouc. J’étais bien et je n’avais vraiment rien à foutre de rien.
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Page vingt-cinq
de Colin le Saturday 25 February 2006
La journée ne s’est résumée qu’en un long rapport sexuel ponctué de cigarettes et d’eau minérale. Je n’avais rien fait d’aussi “constructif” depuis ma première baise avec Vanessa. Malgré tous les inconvénients de cette prise en otage, je dois bien l’avouer, Daphnée était géniale.
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Le verdoiement de l’absinthe
de Thomas le Friday 24 February 2006
Karaoké scolaire néanmoins alcoolisé. Après avoir essayé de hurler avec Audrey “Help” des Beatles, Veda a vomi l’absinthe ingurgitée. Je la porte jusqu’en Outremeuse tandis qu’elle délire. La soirée laissera des traces indélébiles sur les coussins de la chambre.
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