Textes pour le mois de February 2007
Note pour bien plus tard
de Thomas le Wednesday 28 February 2007
Quelquefois, je reste tapi dans l’ombre à écouter les conversations des élèves. Alors, comme si je percevais enfin la vie de façon claire, je note dans mon agenda : Vivement 2036 !
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Je suis un actif refoulé !
de Thomas le Tuesday 6 February 2007
Dans le train, quelqu’un a laissé le fascicule d’une agence de voyage.
Je tourne un à un les paysages paradisiaques mensongers. Dans le fond de mon sac, je retrouve un marqueur indélébile et je commence à noircir chaque ciel bleu. Petit à petit, les soleils disparaissent sous une épaisse brume. Je m’acharne à rendre ces publicités aussi réelles que possible.
Source de ces ténèbres envahissantes, une dispute vedaïque sans intérêt à propos d’opinions politiques qui ne nous regardent pas. Stratégie infantile d’un étudiant en droit – 24 ans – qui connut trente secondes de gloire en s’opposant à Sarkozy sur TF1.
Un Florian Zeller moins classe et plus moche qui poussa un coup de gueule infructueux que le politicien assassina dans l’œuf sans que personne n’y prête attention.
Juste une question.
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Lundi
de Thomas le Monday 5 February 2007
Nez bouché. Salle des profs encombrée. Insomnie. Trop peu dormi : vision déformée.
Le lundi matin possède la froideur d’une lame de guillotine bien aiguisée. Cette dernière glisse au ralenti. Quelqu’un m’adresse la parole. La lame entaille doucement ma chair. Le sang suinte et réchauffe ma nuque. Je suis rouge. Je suffoque. L’agonie est proche.
Les rapports sociaux sont autant de vieux livres de philosophie soviétique. Incompréhensibles. Trop compliqués. Je ne veux pas prendre le train en marche mais me jeter sur les rails de l’exil.
Tout est plus simple durant le week-end. Je ne me prépare jamais assez. Les heures passent si rapidement que le lundi matin m’explose au visage. Déflagration. Je perds l’équilibre et bascule dans le cynisme. Je ne reprendrai connaissance que trop tard.
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Soupir
de Thomas le Friday 2 February 2007
« Angie » embaume le café de son amère mélodie et je repense aux minutes où je l’observe sans éveiller ses soupçons. Je scrutent son visage et je le vois.
S’il contemplait sa vie comme on regarde un film. Serait-il fier d’elle ? Je l’espère vraiment. Comme je voudrais lui montrer à quel point il peut se laisser aller. Aimer ce qu’elle est. Comme je voudrais croire en ces stupidités chrétiennes juste pour ça. Pour lui assurer qu’il l’aime.
Qu’il aime chaque parcelle d’elle autant que moi.
Qu’il regrette d’avoir été absent pour ses premiers mots, ses premiers doutes ou ses premiers chagrins.
Qu’il s’en veut pour cette bulle d’air emplie de souvenirs sans image qui ne sont pas les siens.
Qu’il donnerait n’importe quoi pour ne pas avoir pris la route ce sombre matin.
…
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