Textes pour le mois de June 2007

Go on Big Brother !

de Thomas le Thursday 28 June 2007

Je voulais humblement remercier ce gros type qui, l’autre soir, buvait son blanc-cerise sans oser bouger son épaisse viandelle et gravir les quelques marches qui le séparaient de ses “amis” absolument arythmiques.

Celui-là même qui regardait son gsm toutes les trente secondes, rejoignait sa table pour fouiller les poches de son manteau rouge à capuche - genre ’samedi aprèm au foot’ - sans aucune raison et qui suintait des arpions dans ses mocassins à glands éclatés. Mais bon sang, cache ta calvitie mon gros.

Je trouve aussi magnifique que ce genre de phénomène, malgré la place face aux urinoirs, décide de s’enfermer aux toilettes à cause de je ne sais quel complexe. Ah non, je ne fais pas pipi à côté d’un étranger… Ma maman m’a toujours dit…
Ou alors était-ce pour pleurer ? Triste sir !

Hé non, nous ne sommes jamais à l’abri des viles gouailleries du vendredi soir. Go on Big man !

Et juste parce que j’adore… The Horrors : Count in Fives

Soubresaut pessimiste

de Thomas le Monday 25 June 2007

Désormais, quoiqu’on fasse, quoique les politiciens décident, quoique… Ce monde évoluera toujours dans le mauvais sens. Trop d’avis partagés ne peuvent se simplifier en un consensus bénéfique à la fois pour nous (les animaux) et pour notre environnement.

L’évolution de notre système devrait s’arrêter dès maintenant pour ne plus rien aggraver. C’est pourquoi je trouve assez sympathique l’idée d’un nouveau parti : L’OSEF, Organisation Sereine des Electeurs Fumistes. Parce qu’après tout, la majorité s’en fout !

Notre parti ne propose absolument aucun programme, mais plutôt que de voter blanc, et aider la majorité, ceux qui n’en ont rien à branler n’ont qu’à voter pour nous. Si nous sommes élus, nous ne changerons absolument rien aux lois et décrets actuels, mais les autres partis l’auront bien profond, et c’est ça qui sera marrant. [...] Nous ne sauverons pas la planète et ne donnerons d’emplois qu’à nos futurs employés (on va donc créer une bonne vingtaine d’emplois, c’est déjà ça (nos chauffeurs et nos jardiniers par exemple) La sécurité ne sera pas gérée différemment, puisqu’après tout, si vous êtes encore en vie pour voter, c’est qu’elle est pas si mal que ça, on gérera toujours l’économie de la même façon puisqu’on est un pays assez riche [...] Voter pour nous, c’est donc voter inutile, mais au-moins vous ne voterez pas pour un parti qui, à cause de convictions foireuses, risquera de faire des conneries !

NB : American Splendor est un film terrible !

Cessons d’être gentils…

de Thomas le Monday 18 June 2007

Outremeuse. On ne peut plus traverser le quartier sans rencontrer au minimum quatre clodos débraillés. Cigarettes molles et mal tassées pendues au bord de bistres lèvres. Cabots galeux et décharnés. Voix rauques et indigentes. C’est encore plus insupportable que les vieillardes flanquées de leurs caddies poisseux Burburry.

Depuis qu’un cercle de connards a pris la décision de rendre la Place Saint-Lambert moins… Enfin plus… Vous voyez ? “Nettoyage au karcher” et ce genre de choses, la marmaille larmoyante s’est installée dans les ruines du Djud’la.

Je ne dis pas qu’ils ne sont pas courageux, qu’ils n’ont pas besoin d’aide et blah et blah et blah mais a-t-on réellement besoin du constant rappel de la progression de la moisissure de cette société européenne. On le sait ! Les champignons sont là, de toutes les fêtes, dans leurs costumes chamarrés, serrant les mains, mentant, trinquant, titubant, chantant du Johnny…

D’ailleurs, au passage, j’ai rempli mon devoir de citoyen dimanche dernier en tant qu’assesseur et mon idée de la démocratie belge en a pris un léger coup. Elle ne s’en relèvera pas. Vaincu par K.O. dès le premier round. Rituels grotesques. Condescendance absolue. Bauferie totale. La prochaine fois, je transforme le devoir en droit et je choisis l’amande bien salée. Ce sera nettement moins indigeste.

Les seuls vestiges de ma vision utopique ont été anéantis le soir-même avec ces discours absurdes de vainqueurs et cette satanée sarkoroyalitude camouflée sous les frites. En somme, il ne restera plus aucun pays convenable où s’expatrier.

Si j’étais Roi, je ferais construire de grands camps entourés de fils barbelés avec de petits cabanons et d’immenses douches mais à la place de l’eau… Quoi ? ça a déjà été fait ?

On prend le même et on recommence…

de Thomas le Sunday 17 June 2007

Il y a quelques semaines, lorsque j’étais encore un enseignant empli de souffrances, j’avais donné comme consigne aux élèves de troisième de rédiger un texte sur une quelconque célébrité. Je vous livre donc l’une des oeuvres:

Le combattant (27 avril 2007)

C’est un garçon que j’admire très particulièrement. Avec sa maladie, il est vraiment très courageux ; il ne se plaint jamais. Il a réussi à accomplir son rêve : devenir chanteur. Celui-ci, par son interprétation “SOS un terrien en détresse” a ému le public. Quand j’écoute son album qui est vraiment remarquable, on ne sait que dire, sauf qu’il a trouvé des chansons qui lui conviennent. Qui aurait pu croire que Grégory avec une maladie aussi grave aurait su aller jusqu’au bout de son rêve. En tout cas, je lui tire mon chapeau et je lui souhaite une très longue carrière !

Anaïs

Ironique n’est-il pas ? Trois jours plus tard, l’artiste en question poussait son dernier soupir. Quelle longue carrière !

Je demande à RTL-TVI le prime-time ?

de Thomas le Friday 15 June 2007

Il n’y a pas très longtemps, en rangeant de la paperasse superflue, je suis tombé sur les photocopies de la lettre de suicide et des comptes rendus de procès de mon grand-père.

N’inclinez pas la tête… Allons ! Je ne l’ai croisé que trois ou quatre fois et puis ce n’est pas comme s’il était mort de la mucoviscidose.

En même temps, j’écris “grand-père” mais je n’ai jamais pu me résoudre à surnommer quelqu’aïeul comme cela. Les branches de l’arbre généalogique de ma famille sont bien bien pourries. Attention, sujet tabou.
Bon, résumé des 3 342 678 épisodes précédents :

Le pire est sans nul doute ailleurs…

1. Du côté maternel

  • Ma mère est née dans le sérail liégeois, aînée d’une famille de sept enfants.
  • Mon grand-père maternel est mort asphyxié dans son minuscule salon d’Outremeuse à cause d’un poêle à charbon défectueux.
  • Deux enfants ont été placés par un juge dans un orphelinat car ma grand-mère maternelle a été considérée inapte à les élever.
  • Hormis ceux-ci : un frère est en prison pour vol et trafic de voitures, un autre a été mannequin ou pseudo-gigolo, un troisième a disparu complètement de la circulation et deux soeurs mentalement déficientes ont été enfermées définitivement dans un hôpital psychiatrique sans aucune connaissance de l’existence des autres. Ce sont les dernières nouvelles depuis une vingtaine d’années.
  • Donc, ma mère, à l’orphelinat, est prise en grippe par la bonne-soeur supérieure, genre pomme pourrie pour la Saint-Nicolas, elle est toujours la dernière à prendre son bain dans une bassine crasseuse où flottent les déjections des plus jeunes, coups de ceinture, balai et autres ustensiles chers à l’éducation de l’époque.
  • A l’adolescence, elle et sa soeur sont plus ou moins adoptées par un couple liégeois sans enfant dont la femme (que j’appelle ma grand-mère en plastique)pète régulièrement un câble et distribue son argent à n’importe qui. Mon grand-père en plastique, lui, était quelqu’un de bien. Il meurt en 2001 dans sa chambre de la Citadelle dans des circonstances plus que douteuses qui, selon moi, dépendent surtout de l’incompétence des infirmières.
  • Ma grand-mère maternelle moisit toujours quelque part à Liège.

2. Du côté paternel

  • Mon père et sa soeur jumelle sont les avant-derniers d’une famille de neuf enfants (reconnus par mon grand-père paternel
  • Son père génétique reste inconnu (possibilité que ce soit un camionneur de passage)
  • Le père génétique du dernier enfant aurait tenté de violer sa soeur jumelle, plongée aujourd’hui dans un état profond de dépression et d’alcoolisme.
  • Ma grand-mère paternelle était alcoolique et se prostituait en essayant d’élever seule ses enfants. L’aînée sèche l’école primaire afin de berner les assistantes sociales et s’occuper au mieux de la famille.
  • Mon grand-père paternel est quotidiennement absent. Il revient une fois tous les six mois car il est trop occupé à prostituer de jeunes (voire très jeunes) filles et il collectionne les enfants illégitimes dans toute la Belgique.
  • Mon père met le feu à la maison en essayant d’allumer la friteuse alors qu’il a dix ans. Puis, il travaille pour aider sa mère financièrement. Celle-ci entend quelques propositions de mariage de “clients” amoureux mais ne peut se résoudre à quitter mon grand-père.
  • Dans les années 90, ce dernier laisse après son suicide une valise emplie de lettres accusant différentes personnalités et hommes politiques de l’époque (valise que je n’ai toujours pas réussi à me procurer et qui moisit dans un grenier inaccessible car “sujet tabou”)
  • Peu de temps avant, ma grand-mère meurt d’un cancer seule dans une chambre d’hôpital.
  • Ils sont enterrés tous les deux dans le même caveau quelque-part en Hesbaye.

Lorsqu’ils ont quatorze-quinze ans, mes parents se rencontrent à une soirée dans un café sordide à quelques pas de l’orphelinat. Mon père est une des stars locales et collectionne les demoiselles. Ma mère se demande qui est ce pauvre type qui n’arrête pas de la fixer. Un peu plus tard, ils sortent ensemble. Cependant ma mère apprend petit à petit qu’elle n’est qu’une des quatre filles que mon père voit à l’époque. Un garçon bègue amoureux de ma mère l’emmène sur un pont sur lequel s’embrasse un couple. Ma mère demande à mon père de choisir. Il laisse tomber toutes les autres et deux ans plus tard, ils se marient…

Je vous épargne de nombreux détails liés aux différents membres de la famille et qui frôlent parfois la malchance totale. Enfin, je n’ai aucunement à me plaindre. Aucun de ces faits n’a interféré mon éducation. Et ouais, je suis fier de mes parents.