The Great quoi ?
Classé dans la catégorie Journal extime par Thomas le Friday 6 July 2007
J’ai longtemps cru pouvoir tuer une personne de sang froid. Peut-être par rapport au peu d’intérêt que j’attache à la vie d’illustres inconnus. Je ne sais pas.
Par exemple - comme nombre d’entre-vous je pense - le onze septembre m’a fasciné. Durant les mois qui suivirent, j’ai attendu d’autres attentats aussi mortellement captivants, sans me préoccuper des gens qui périssent ailleurs dans d’atroces souffrances.
Cessons le sentimentalisme. De toute façon, sans communication, propagande ou publicité, ces événements n’existent pas. C’est comme un homme échoué sur une île déserte alors que ses proches l’ont enterré : il n’existe plus pour personne. Socialement décédé.
Par ailleurs, aux traditionnelles remarques maternelles concernant principalement la rubrique nécrologique du village d’où je proviens, même s’il s’agit d’un ancien camarade de classe ou d’une vague connaissance, je ne me dis jamais “grand Dieu, ce monde est moche !” - je conviens qu’il l’est mais sans plus.
Et comme je n’ai jamais eu l’occasion d’étouffer mon poing sur le visage d’autrui, les années de frustrations et d’infortune aidant, j’avais dans l’idée d’être en mesure de laisser ma colère jaillir jusqu’à ce que s’éteigne une vie.
Hé bien non. The Great Exctasy of Robert Carmichael, en sa qualité d’expérience cinématographique ô combien malheureuse, a voilé définitivement mon esprit vengeresque.
Premièrement ne le regardez pas. C’est provocateur, lent et dénué de liens. Je suppose que ce fut l’objectif du réalisateur au terme du montage, lorsqu’il a compris avoir tourné un bon bousin british.
La critique disait “à mi-chemin entre Irréversible, Orange Mécanique et l’oeuvre de Michael Haneke”. D’accord il y a un viol un peu gore commis par trois adolescents drogués en mal de vivre dans la maison d’un couple de bourgeois. Cela ne s’appelle plus des influences mais du plagiat.
Deuxièmement. Rien.
Il n’empêche que cette scène finale d’ultra-violence m’a quelque peu retourné l’estomac et, causée par une miteuse empathie*, mon incapacité à tuer m’a été révélée. Ou peut-être était-ce juste le principe de la torture…
*Je ne sais jamais quel mot utiliser :
“empathie” ou “sympathie” ? Car si on réfléchit aux définitions des deux mots, après vérification au dictionnaire, on s’aperçoit
qu’on les utilise généralement à contre-sens.
Cfr. Will Self, Mon idée du plaisir (à lire)









