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Classé dans la catégorie Textes de Colin par Colin le Sunday 19 August 2007
On est pas allé à la mer. Un : parce que la côte belge, c’est un peu nase. Deux : parce qu’on n’a pas que ça à foutre. Et trois : on a que ça à foutre mais faut surtout pas le dire ! Mélodie et moi, on s’est séparé tôt dans l’après-midi, physiquement je veux dire. Je devais absolument fêter ma non-paternité.
En me baladant dans le quartier, j’ai soudain compris que nous étions en août. Je suis un peu lent et puis sans travail, pas de vacances et sans vacances, pas de notion du temps. C’est vrai, notre notion du temps ne se forme que par rapport aux congés. Un mois et demi avant Noël… Quatre semaines avant juillet. Dans quinze jours c’est la Pentecôte. Et surtout : vivement le weekend !
Enfin, je compris que nous étions presqu’au quinze août en remarquant les dépaneuses qui enlevaient des voitures stationnées dans des zones contraintes à accueillir les festivités. Celles-là mêmes qui me font vomir chaque année, au propre comme au figuré. Ces bons sentiments. Cette envie de serrer des inconnus, de discuter avec des poteaux et de pisser dans les entrées des immeubles - non, je ne fais pas ce genre de choses, le seul endroit public sur lequel je me soulage, c’est l’ULg, l’Unif‘aaan comme disent puceaux et pucelles.
Je n’aime ni le quinze août, ni son cortège de bobos habillés en guenilles pour faire ‘artistes’, frustrés par la rapidité de l’horloge biologique. Beûûûûrk.
Je quittai le quartier sans demander mon reste en espérant pouvoir m’en éloigner la semaine prochaine. Arrivant au Delft, j’aperçus Vanessa, discutant avec un type d’une quarantaine d’année.
- Bonjour Van ! Ton coup d’hier soir ? Ton dealer ? Ton mac ?
- Mon père, me coupa-t-elle.
Un “enchanté” sortit de ma bouche en se mélangeant à un gloups. Au point de vue accoustique, ça ne ressemblait à rien.
- Enchanté, me répondit-il, ne vous en faites pas, moi non plus je ne l’aime pas trop !
- Nous sommes deux dans ce cas !
- Putain, Colin, ça te dérange de nous laisser ?
- A bientôt Monsieur, ravi de vous avoir rencontré !
J’avais retrouvé mon sang-froid. Assis à une table, je commandai une simple bière.
- Alors, c’est donc toi Colin ? (c’était le père de Vanessa qui jugeait bon de prendre la chaise en face de moi pour tailler une bavette)
- Et c’est donc vous le géniteur de Vanessa ? Celui qu’elle appelle l’enculé ?
- C’est assez thuriféraire mais j’ai malgré moi beaucoup de mal à cueillir un soupirant digne de cet allonyme ! (sachant directement que j’allais vous parler de cet homme étrange, je lui ai demandé de m’écrire les mots qu’il employait sur une feuille de mon bloc avant de me les définir et ce afin de vous livrer une retranscription aussi fiable que possible !) Mon nom est Roland.
Roland était un homme passionné par les mots inusités et pouvoir suivre une conversation avec lui devenait rapidement un art. Je vous avoue que j’avais l’impression de discuter avec un immigré à l’accent bien présent, mutilant chacune de ses idées. Cinq minutes autour de la pluie et du beau temps vous fichait une migraine atroce qui ne vous lachait pas sans une bonne nuit de sommeil.
J’ai eu vite fait de m’en débarrasser.
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Les festivités du quinze août sont - enfin - passées. J’ai kidnappé Mélodie et c’est en Suisse que nous avons passé la semaine. En fait, nos “vacances” n’ont pas été bien différentes des journées d’Outremeuse. Levers vers les 18h00. Couchers vers les 9h00. Et alcoolisme prolongé. Je ne me souviens même pas de Genève ! Nous avons erré tant et si bien que souvent nous ne retrouvions plus l’hôtel. Aujourd’hui, je grelotte. Le manque me rend fou. D’ailleurs, j’ai du mal à empêcher les fautes de frappe de se glisser dans mes mots. Je vous laisse ici.









