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Classé dans la catégorie Survie quotidienne par Thomas le Thursday 11 October 2007
Parce que je ne sais jamais répondre au mails. Parce que je ne suis pas capable de savoir quoi dire lors de funérailles. Parce qu’écrire ici est encore ce qu’il me semble de plus simple. Et pour plein d’autres parce que…
Je n’ai connu qu’un seul décès vraiment proche. Mon grand-père en plastique, mon faux grand-père, celui sans lien sanguin mais je n’ose imaginer ce qu’il adviendra lorsque mes parents mourront. Je suis le genre de sale égoïste qui espère disparaître, dans longtemps et sans aucune souffrance, avant ses propres parents. Par simple peur de souffrir.
Je ne peux concevoir ce que sera le monde lorsqu’ils n’en feront plus partie et mon imagination m’empêche de me projeter ainsi dans quelque tourment. Quand on a l’habitude ou du moins la chance voire le choix de se tourner vers quelqu’un au moindre problème. Comment peut-on envisager procéder autrement.
La comparaison est insolemment grossière, je l’admets fort bien : imaginez - et c’est assez simple - que votre première source d’informations est Internet. A la moindre question, direction Wikipedia, Google et autres. Le jour où vous êtes dépossédés de ce luxe, vous vous sentez perdus ! C’est un peu un argument de geek.
Bon, disons que vous ne vivez que pour et à travers la musique. Malheureusement, un jour, vous vous réveillez les oreilles endolories et vous entendez… Le vide absolu. Vos articulations craquent sans bruit. Vous respirez sans sifflement. Votre ouïe a rendu l’âme et jamais plus vous ne percevrez le gémissement électrique d’une guitare. Vous ne pourrez même plus vous représenter la moindre note de votre chanson préférée. C’est terminé pour vous. C’est la fin, sans avertissement aucun.
Cette introduction me semblant absolument inadéquate, je coupe court pour raconter une anecdote qui je l’espère touchera le principal concerné par ce billet, si un jour il le lis :
Je ne sais pas si tu t’en souviens mais lorsque nous étions jeunes ou du moins plus que maintenant - c’était un samedi soir je pense car ce cher 127a ne desservait plus la région hutoise - tu passa me chercher en compagnie de ta maman. Je la connaissais à peine. Bien-sûr, je l’avais déjà entrevue… D’un oeil imbibé lors de fins de soirées arrosées lorsque mes parents ne pouvaient nous ramener vers la Hesbaye. Bref, ce soir-là nous traversâmes silencieusement Warnant-Dreye, Vinalmont, Wanze et Statte pour arriver à Huy. Je dis silencieusement car c’était l’un de ces trajets muets où chacun se prépare mentalement à affronter la nuit. Enfin, c’était mon impression. Sauf que nous fûmes souvent tirés de nos méditations respectives. En effet, à chaque fois que ta maman passait une vitesse, l’embrayage grinçait de plus belle. Si bien qu’au bout de quelques carrefours, nous avons eu l’impression que la carrosserie allait se détacher du reste de la voiture - une Nissan bleutée si mon souvenir empreint de daltonisme ne me trahit pas. Tu as alors commencé à engueuler ta paisible maman jusqu’à ce que tous les deux vous partiez dans un fou-rire communicatif [...] A cette époque, je ne partageais rien avec mes parents et en vous regardant ce soir-là, je me souviens l’avoir profondément regretté…
C’est une anecdote toute simple, aucunement drôle pour ceux qui n’était pas avec nous ce samedi-là. C’est la seule que j’ai et elle n’est destinée à personne, excepté lui.









