Chronique de la salle des profs

Classé dans la catégorie En saigner, Survie quotidienne par Thomas le Wednesday 9 January 2008

Mon retour dans une salle des profs est aussi pénible que la fin de mon intérim de l’année dernière était réjouissante.

La pièce est immense et pourtant, je m’y sens à l’étroit. Les minutes semblent si longues. J’ai l’impression que ma barbe pousse plus vite en ce lieu. Je passe mon temps à espérer qu’il sonne pour en finir avec ce malaise et lorsque mon souhait se réalise, des crampes violentent mes intestins.

Les gens ne se rendent pas compte à quel point ce métier peut être stressant. Oui. Oui. Congés. Congés. Congés. Mais entre ces congés, l’estomac se contorsionne, le cœur tonne et la tête tourne. Tous les matins, ça recommence. Que ne ferions-nous pas pour quelques billets de plus ?

J’attends. Evidemment, cette profession majoritairement féminine possède toujours son pseudo mâle dominant. La grande gueule. Le comique. Le trublion. Celui qui à la fois exaspère et détend l’atmosphère à coup de fallacieuses galéjades. Chaque salle des profs dispose d’un spécimen. Au moins un.

Pour le reconnaître rapidement, un conseil : fixez la porte d’entrée. Celui qui s’engouffrera en chantonnant “Bonjour collègues adorés”, sera ce burlesque bouffon. Toujours de bonne humeur, motivé en plein. Mon opposé direct. En effet, la politesse m’astreint à une totale discrétion.

Pour nombre de ces “collègues adorés” - enfin les plus avertis, seuls à remarquer ma présence - j’ai l’air gentil. Certains s’interrogent sans nulle doute sur ce que je fabrique avec ce carnet chargé de ratures et de dessins. Aucun pourtant n’aura à l’esprit que je les pastiche d’une manière acidulée.

Utilisez le trackback. RSS 2.0

...