Textes pour la catégorie Ethylisme

Vendredi désespoir

de Thomas le Friday 18 January 2008

Le vendredi, lorsqu’on reste traîner à l’appartement ou ailleurs, c’est assez déprimant. Autrefois, ça ne me dérangeait nullement. Je veux dire, avant Veda :

Je me retrouvais tout seul face à l’écriture avec du vin ou de la bière et de la bonne musique. Jusqu’à ce que ça devienne glauque. Jusqu’à cet infime moment où vos proches vous font remarquer que boire autant et aussi souvent seul est dangereux voire pitoyable. Dans ce sens.

Parfois, je ne sais pour quelle raison, on farfouille dans nos vieux disques de groupes oubliés, maudits, démodés ou alors on tombe sur des petits trésors d’mp3 [...]

On laisse vibrer les murs et on ne se parle pas. On ne peut pas. La musique est trop forte; les sensations, trop puissantes. On boit de la bière et quelquefois de l’absynthe.

A deux, pour les autres, c’est moins glauque.

Et dire qu’en plus on devient de vieux cons

de Thomas le Thursday 16 August 2007

Ce matin n’est qu’une expression rhétorique.

Oui, il est déjà 15 heures et ce matin, rien n’est clair. Je me souviens de gobelets en plastique fissurés, craquelés, gisant sur le sol et formant une marée boueuse, surconsommation écoeurante. Elle m’engloutit tout entier et me voilà dans des eaux troubles, alcoolisées. Les jours s’apparentent aux nuits qui habillent et maquillent les êtres, si bien qu’ils se ressemblent tous. Des clones. Je croise des visages déformés. Leurs lèvres ont l’air de fondre, de couler sur leurs mentons comme une bière mal avalée.

Par habitude, je bois. Aussi parce que je ne supporte pas la foule, la chaleur humaine, cette odeur nauséabonde, traduction du “tout va bien dans le meilleur des mondes”. NON.

Alors, lorsqu’un serveur nous demande ce qu’il nous reste comme argent, on dépose un billet de cinq et une pièce de deux euros sur le comptoir. Dans un français douteux il nous explique que contre ces sept euros, nous aurons la fin du fût. On ne tient déjà presque plus debout mais cela nous apparaît comme une bonne idée. Cependant, avant qu’on s’en rende compte, les verres s’amoncellent jusqu’à former une tablée de trente-huit bières. TRENTE-HUIT. SEPT EUROS. Nous sommes cinq et nos doutes disparaissent : le lendemain sera difficile.

Turdus Merula versus Oryctolagus Cuniculus

de Thomas le Thursday 9 August 2007

J’habite le troisième étage d’un immeuble d’Outremeuse face à un minable café dont les piliers boivent des bières dès sept heure du matin. Le soir venu, des voix s’élèvent de la terrasse bondée pour pourfendre mes tympans. Ils me donnent du “elle a fait de la moto…” ou encore du “toucher… toucher la chatte à la voisineuuh…” Parfois même une petite Brabançonne - mais pas celle qui commence par “Allons enfants…” - enfin vous connaissez sans doute ces hymnes que personnellement je ne pourrais chanter qu’à quelques gorgées du coma éthylique.

D’accord, je mens effrontément. Ce week-end, j’ai malgré moi débité ce genre de fariboles. C’était lors d’une de ces manifestations rituelles qui précèdent la communion de deux êtres désirant proclamer leur amour au grand jour : un enterrement de vie de jeune homme. Ô nous n’avons rien fait d’extraordinaire… Sauf peut-être pour vous.

Je vous avoue qu’au départ je ne me sentais pas trop à l’aise. Les autres garçons avaient tous des noms d’animaux et après quelques verres, se comportaient comme tels. En voulant m’intégrer par quelques fangeuses remarques liées à une autodérision sans équivoque, je ne me suis pas créé que des amis.

Cela ne m’est pas forcément familier. Ce n’est pas que tous m’adulent mais en règle générale, ceux que j’insupporte taisent leur mépris et passent leur chemin. Afin de ne rien gâcher, j’ai dû user de mon super-pouvoir : feindre la surdité face à un foutage de gueule tantôt phonique, tantôt gestuel. Heureusement, je suis socialement un gentil garçon mais dactylographiquement, je n’en ai cure. J’emmerde L’enchanteur au plus profond de son être !

Je ne veux en aucun cas discréditer les amis de mes amis et en dépit de cet environnement scout persistant, j’ai pu creuser mon terrier et profiter de l’alcool mis à disposition et comme j’ai beaucoup de mal à transformer ces deux jours en mots, je laisse le soin de la synthèse au principal concerné* :

[...] Des activités qui m’ont rappelé d’excellents souvenirs, du fun, quelques 25 bacs de bières, du kicker, des potes, de la famille, des strip-teaseurs, du vomi, des fantômes, du tuning, du blind test, des “défis-bacs”, des saucisses (beurkkk), du “Dimi”, du “jonh butler zebra rudd trio”, du canot, des moustaches, des nadars, du Vanhool, de la fricadelle, du DANNY, du Loir, de l’excellent chaton, le lait de ma soeur, le clairon, la mère de Thomas, la coupe du monde 2000, le président de CPAS de Dour, Zachée, les fesses d’Engin, les rosiers et la zone de police Hesbaye-Ouest (ses menottes) [...]

*Copyright exclusif sur tout ce qui suit
et mes voeux les plus sincères !

 

 

Où décadence prend tout son sens…

de Thomas le Friday 20 July 2007

Dour. Son festival. Ses pitoyables toxicomanes. Son camping hyper mal foutu… Son organisation manque d’organisation… Quatre jours imbibés d’alcool relâchent la pression. Nous sommes déchets parmi les déchets. Des mots incompréhensibles sortent des bouches tel un infect vomi qui goudronne l’esprit et englue chaque souvenir.

Et chaque souvenir est un rire gras, éclatant sous la chaleur, moite dès la tombée de la nuit, incontrôlable lorsque le jour se lève. Des Chinois passent, envahissant le monde, provoquant le monde. Des mulets en rase campagne. Dévorant le monde.

Et la boue s’assèche comme nos gosiers et nous pousse au plus vil tourment du manque. Alors on boit. Plus que de raison. On boit jusqu’à embrasser les Flamands, jusqu’à hurler le nom d’Yves Leterme, jusqu’à déclarer notre homosexualité sidéenne, jusqu’à contaminer les festivaliers de notre mucoviscidose, jusqu’à chatouiller les aisselles des roux, jusqu’à chercher dans cent-mille tentes Loubna, Julie, Mélissa, Anne, Efje, Nathalie, Stacy…

Le mauvais goût nous va bien, il colle à nos épidermes comme une vareuse jaunie par la transpiration. On en bave. On recrache pour mieux lécher les mentons barbus.

Chute de tension. Houblon. Orge. Fermentation.

Puis le pouls cogne nos poignets, les veines se détachent des avant-bras poussiéreux, gonflent, gonflent et l’énergie revient une nouvelle fois, pour une nuit de plus. On se sent amputés des jambes mais - putain - on s’en fout.

Demain, mes mains trembleront comme un novice des A.A. Et alors je dirai : “Bonjour, je m’appelle Thomas et je ne bois plus depuis quelques heures” Et alors ils répondront tous en coeur : “Bonjour Thomas !”

Je ne vous ai pas parlé de musique mais je ne suis plus certain qu’il y en avait réellement…

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Comprenne qui voudra mais je tiens à remercier tout de même dans le désordre :

Alpha aka Patrick qui se réjouit de la prochaine saison française de rugby avec tous les transferts qu’on imagine pas et qui fait ses courses dans un Ikéa sénégalais. Les deux Français du pont qui ont eu le tact de nous avertir qu’ils n’étaient pas Chinois. Les trois Flamands qui nous ont expliqué qu’en néerlandais “haar haar”, c’était un peu comme le français “nous nous” ; genre “nous nous foutons bien de ta gueule !” Katja, l’allumée du camping, qui ne confondra plus jamais les verbes “utiliser” et “sodomiser”. Le neveu de Jérôme Bonaldi et sa chère et tendre nouvelle épouse flamande. Les jeunes mariés qui ont prêté serment devant la “Last Arena” et le Président du CPAS de…, les échevins des barrières HERAS, du charbon, du skateboard et le Christ. Le gars au drapeau. Le gars à la casquette. La compagnie de location de Flamands, cela nous fut bien utile ! Tous les coiffeurs qui ont gratifié leurs clients d’une coupe mulet. Cédric Loeb, sans qui notre matinée au pont n’aurait pas été aussi jouissive. L’Italien du boueux ruisseau “Mââ tout va bien !” Les Pakistanais ambulants qui se vautrent sur le chemin. Le Chinois au skateboard qui grimpe par-dessus les clôtures. P-p-p-p-p….p-p-p-ière qui devrait se soigner. L’Inuit à la dentition plus que douteuse. La loi Tobback. Rudy. Le barman abruti au T-shirt Puma sans qui nous n’aurions pas économiser plus de quarante tickets-boisson. Les cervelas trop cuits du lundi matin. Carlo. L’imbécile de Breton de vingt-neuf ans. Le garçon qui trouve qu’il y a eu beaucoup trop de rock-and-roll durant le festival. Poussin bleu, Eglantine & Crocrodile. Cruchot, Gerbert, Tricard, Berlicot, Fougasse et Merlot. L’épileptique du camping qui recrache du sang par la bouche et son ami tout flippé. RollerCoaster Tycoon et Transport Tycoon. Les roux. Pol Marchal. Grégory Lemarchal aussi. Les plus grands humoristes d’hier et d’aujourd’hui : Marc Herman, Tex, Laspalès, André Lamy, Renaud Rutten, Mike, Jean-Charles Beaubois, Marie-Pierre Mouligneau et j’en passe. La radio Bièrfoot, la radio de la bière et du foot. Les barres parallèles et la gymnastique artistique. Chewbacca aka Chewie aka Joey, Flipper le Dauphin et Gollum. La tente presse et Ponpon tout séché avec des poils gris. Hervé Jamar. Les lingettes parfumées au cul de bébé. Jupiler et Coca-Cola. Stimorol. Et enfin Renaud aka Deuch, Sébastien, Benjamin, Okap, Valéria, Adeline et Pauline un peu. J’en oublie sans nulle doute.

Go on Big Brother !

de Thomas le Thursday 28 June 2007

Je voulais humblement remercier ce gros type qui, l’autre soir, buvait son blanc-cerise sans oser bouger son épaisse viandelle et gravir les quelques marches qui le séparaient de ses “amis” absolument arythmiques.

Celui-là même qui regardait son gsm toutes les trente secondes, rejoignait sa table pour fouiller les poches de son manteau rouge à capuche - genre ’samedi aprèm au foot’ - sans aucune raison et qui suintait des arpions dans ses mocassins à glands éclatés. Mais bon sang, cache ta calvitie mon gros.

Je trouve aussi magnifique que ce genre de phénomène, malgré la place face aux urinoirs, décide de s’enfermer aux toilettes à cause de je ne sais quel complexe. Ah non, je ne fais pas pipi à côté d’un étranger… Ma maman m’a toujours dit…
Ou alors était-ce pour pleurer ? Triste sir !

Hé non, nous ne sommes jamais à l’abri des viles gouailleries du vendredi soir. Go on Big man !

Et juste parce que j’adore… The Horrors : Count in Fives