Textes pour la catégorie Survie quotidienne
Chronique de la salle des profs
de Thomas le Wednesday 9 January 2008
Mon retour dans une salle des profs est aussi pénible que la fin de mon intérim de l’année dernière était réjouissante.
La pièce est immense et pourtant, je m’y sens à l’étroit. Les minutes semblent si longues. J’ai l’impression que ma barbe pousse plus vite en ce lieu. Je passe mon temps à espérer qu’il sonne pour en finir avec ce malaise et lorsque mon souhait se réalise, des crampes violentent mes intestins.
Les gens ne se rendent pas compte à quel point ce métier peut être stressant. Oui. Oui. Congés. Congés. Congés. Mais entre ces congés, l’estomac se contorsionne, le cœur tonne et la tête tourne. Tous les matins, ça recommence. Que ne ferions-nous pas pour quelques billets de plus ?
J’attends. Evidemment, cette profession majoritairement féminine possède toujours son pseudo mâle dominant. La grande gueule. Le comique. Le trublion. Celui qui à la fois exaspère et détend l’atmosphère à coup de fallacieuses galéjades. Chaque salle des profs dispose d’un spécimen. Au moins un.
Pour le reconnaître rapidement, un conseil : fixez la porte d’entrée. Celui qui s’engouffrera en chantonnant “Bonjour collègues adorés”, sera ce burlesque bouffon. Toujours de bonne humeur, motivé en plein. Mon opposé direct. En effet, la politesse m’astreint à une totale discrétion.
Pour nombre de ces “collègues adorés” - enfin les plus avertis, seuls à remarquer ma présence - j’ai l’air gentil. Certains s’interrogent sans nulle doute sur ce que je fabrique avec ce carnet chargé de ratures et de dessins. Aucun pourtant n’aura à l’esprit que je les pastiche d’une manière acidulée.
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Histoire de prénoms
de Thomas le Saturday 22 December 2007
Avec Veda on regardait récemment un documentaire sur le mystère de l’éducation des enfants handicapés mentaux et comme tous téléspectateurs qui se respectent nous nous sommes posés quelques questions, exemple :
Et nous ? Que ferions-nous si nous enfantions un tel marmot ?
La seule idée qui nous vint alors à l’esprit, c’est de l’appeler Cynoque. Oh nous n’irions pas jusqu’à l’attacher au fin fond de la cave comme dans Les Gonnies mais ce serait quand-même sacrément drôle !
Alors on a rigolé un bon coup puis on a zappé sur Arnold et Willy. Ce qui résonne aussi comme une bonne blague.
Il n’y a pas longtemps - pour rester sur le choix de prénoms - nous avions pris la décision que quoiqu’il advienne, nous donnerions un deuxième prénom débile à notre peut-être futur bambin. Genre Bruce. Ou Jacky. Ou Obi-Wan. Non Bruce, c’est bien.
Mon petit Brucie adoré, amène un peu une bière à papa !
Ça le fait grave, comme disent les jeunes ! Si dans quelques années vous me croisez pilotant une poussette, je peux vous assurez qu’assis confortablement, un petit Bruce ou une petite Marmelade observera gaiement le joyeux monde dans lequel nous vivons.
NB : Hard Candy est vraiment pas mal !
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La nuit je mens
de Thomas le Wednesday 19 December 2007
Lorsque le dos tourné, atone, je me laisse lentement glisser vers le sommeil, le moindre bruit qu’elle émet me projète loin d’ici. Je me retrouve sur le bord de l’autoroute. Les voitures me frôlent et je sursaute. Mes yeux roulent dans leurs orbites. Les convulsions sabotent ma raison. Je ne contrôlent plus mes pensées. Vague, mon esprit vogue et je me perds dans les tréfonds de rêves incohérents. Dans une cabine de plage, Veda se fait dépouiller de ses os pour mourir sans douleur et je pleure.
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Dix secondes à la cité administrative
de Thomas le Saturday 15 December 2007
D’après Veda, les heures d’attente à la cité administrative sont une corvée. Je n’en sais encore rien car ce matin, pour la deuxième fois, mon ticket a expiré au bout d’une dizaine de secondes. Pourtant j’avais prévu Julio Cortázar et Cronopes et Fameux. Au cas-où. Et dire que j’avais reporté cette mise à jour de carte d’identité depuis la mi-juin, évitant d’ouvrir les enveloppes de rappel.
Dix secondes m’ont laissé largement le temps d’entrevoir l’essentiel : même après six mois de chomâge, je ne ressemble pas à la caricature d’un assisté que je ne vous décrirais pas ici.
Finalement, je me retrouve assis au Rivoli comme au bon vieux temps. Rien n’a changé. Les gens sont rarement accompagnés et, l’oreille pendue à leur portable hors de prix, ils oeuvrent toujours pour la discrétion.
Dans la rue, les vieux ajustent leurs pas sur ceux d’autres vieux et tous sont coiffés de la même casquette. A carreaux. Identique à la mienne. La moins cher qu’on puisse trouver dans les rayons de l’espace vêtement d’un pet shop du centre. Après tout, je suis peut-être vieux avant l’âge. Retraité avant d’avoir réellement travaillé. Souvent c’est mon impression.
Tout ça me donne envie de boire des bières ce soir. En même temps, on trouve toujours une excuse pour boire des bières. Toujours quelque chose à fêter. Toujours quelque chose à oublier.
<edit> En plus, la Perfectdraft
fonctionne à nouveau ! </edit>
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Jachère
de Thomas le Friday 30 November 2007
Du mal à écrire en ce moment et comme cela m’arrive souvent, j’ai l’irrépressible envie de balancer Décadanses dans la cuvette des toilettes. Alors que j’examine tout juste l’idée, je sens mes intestins se remplir de mots, foie et estomac bouillonnent et bientôt - très bientôt - je vomirai cette absence prolixe.
Le vide que reflètent les textes du mois de novembre est particulièrement significatif et proportionné à ma propre vie. Les quelques euros qui me sont de trop, je les réserve pour un nouvel an londonien. Je m’aligne en effet sur les frustrations françaises en regrettant mon faible “pouvoir d’achat”, dès lors, dans un environnement dépourvu d’interactions sociales, je ne peux solliciter mon imagination.
Vous m’en voyez profondément désolé.
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