Textes pour la catégorie Vedaïsme

Dans le silence d’après-minuit

de Thomas le Tuesday 10 July 2007

Elle s’est retournée.

Je suis resté là, étendu. Las, abattu. Paralysé par peurs et douleurs. Je savais pertinemment quelle était la solution. Elle charcute mon esprit depuis trop longtemps pour oser nier son existence. Cependant, je reste invalide. Je vous l’ai dit. Paralysé par peurs et douleurs.

Je m’assomme de pensées idiotes qui m’envoient emprunter autant de chemins et de détours afin de réfuter le réel. Mon maintenant n’est plus que faux-fuyant. J’aimerais que mon dorénavant entre enfin en jeu, joue sa carte et nous mène à la victoire.

ça y est. La colère gronde. Une animosité, légère dans un premier temps, s’empare de mon corps et petit à petit mes nerfs me font dangereusement souffrir. Je bous de rage… Contre moi, uniquement. Je suis obligé encore une fois d’abandonner. De l’abandonner.

Je me glisse le long des murs pour rejoindre la porte que j’entrouvre le plus discrètement possible. Les charnières grincent dans le silence et je rejoins le salon dans la pénombre. L’écran brille et aveugle mon visage quand un second grincement se fait entendre.

Je sais qu’elle ne me décochera aucun regard. Le claquement de la porte reflète cette pensée. J’enfonce alors le pouce et l’index dans mes yeux asséchés jusqu’à ce que jaillisse le sang. Toutefois, seules des larmes répondent. Je peux les entendre glisser dans le silence d’après-minuit.

My finger is on the button

de Thomas le Wednesday 9 May 2007

Un furieux mal de vivre s’est emparé de moi tôt ce matin. Un mal qui corrompt ma poitrine, qui gangrène mon estomac. Je déglutis difficilement et mes yeux sont mi-clos. J’ai beau pousser le volume de la musique jusqu’à ce que les basses s’étouffent, jusqu’à ce que les aigus grésillent, rien n’y fait.

L’absurde m’a rattrapé. L’absurde ne fait aucune concession. L’absurde se contrefout des certificats médicaux. L’absurde est absurde par définition. Chienne de vie, laisse-moi un peu de répit.

***

La pluie perce les vitres. Ma voiture devient un aquarium opaque dans lequel je sombre. Mes vêtements se collent à ma peau tandis que je me laisse porter par le manque de gravité. Je ferme les yeux et je sens les vôtres s’approcher. S’approcher lentement de mon visage désormais serein.

Soudain, je hurle d’une voix sans son qui prend toute la place dans ma gorge. Des bulles jaillissent, s’entortillent, se chevauchent puis éclatent. Je n’ai plus de paupières. Je me fracasse contre la réalité métallique. L’eau boueuse s’évapore. Mes vêtements sont secs. Un écho résonne encore dans l’habitacle jusqu’à l’évanouissement.

Mon pied engourdi enfonce l’accélérateur. Mes mains tremblent sur le volant. Une seule chose me contraint à l’agripper fermement. Une jolie chose qui revient du plus profond de mon corps. Une petite voix. Celle de Veda.

Rencontre sur le coin d’un comptoir

de Thomas le Thursday 19 April 2007

Trois années sans doute ni regret aucun. Et cette solitude tant chérie, cet isolement si rafraîchissant, mon exil volontaire n’a jamais autant souffert du manque de complicité nocturne, de la complexité qui me lie à elle.

Ce fastidieux travail n’est qu’une interminable file d’attente dans laquelle j’aurais hérité du dernier numéro. Que les heures paraissent tristes et sombres à pourtant si peu de kilomètres d’elle.

Je suis né un dix-neuf avril. Il ne me semble pas posséder quelque souvenir antécédent. Quand bien-même, je voudrais tout effacer. Laisser le T-Pex engloutir ma mémoire.

Tout s’était somptueusement enchaîné comme les accords électriques d’une chanson des Smashing.

Flash-back\ Rencontre éthylique – Pari heureux – Dérapage incontrôlé – Discussions électroniques – Décision chaotique – Rattrapage langoureux – Alcoolémies critiques – Escapades amoureuses – Emménagement précoce – Existence enflammée /Flash-back

Trois ans délicieusement dénués de perfection. La vie véritable, la réalité en plein. Comme un chewing-gum à la menthe qui pique mais ne perd jamais son goût. Nul besoin d’artifices : juste elle, moi, et c’est tout.

Je suis un actif refoulé !

de Thomas le Tuesday 6 February 2007

Dans le train, quelqu’un a laissé le fascicule d’une agence de voyage.

Je tourne un à un les paysages paradisiaques mensongers. Dans le fond de mon sac, je retrouve un marqueur indélébile et je commence à noircir chaque ciel bleu. Petit à petit, les soleils disparaissent sous une épaisse brume. Je m’acharne à rendre ces publicités aussi réelles que possible.

Source de ces ténèbres envahissantes, une dispute vedaïque sans intérêt à propos d’opinions politiques qui ne nous regardent pas. Stratégie infantile d’un étudiant en droit – 24 ans – qui connut trente secondes de gloire en s’opposant à Sarkozy sur TF1.

Un Florian Zeller moins classe et plus moche qui poussa un coup de gueule infructueux que le politicien assassina dans l’œuf sans que personne n’y prête attention.

Je ne critique pas le quoi mais le comment. Sarkozy étant homme de communication apte à dompter foules et médias, n’aurait-il pas été plus judicieux de tendre lentement les fils d’une toile invisible qui, le moment venu, se serait refermée comme un piège. Un piège poussant le Ministre à user des termes raciaux et des propos contradictoires qui lui étaient reprochés ? Non mais je pose une question-là !
Juste une question.

Soupir

de Thomas le Friday 2 February 2007

« Angie » embaume le café de son amère mélodie et je repense aux minutes où je l’observe sans éveiller ses soupçons. Je scrutent son visage et je le vois.

S’il contemplait sa vie comme on regarde un film. Serait-il fier d’elle ? Je l’espère vraiment. Comme je voudrais lui montrer à quel point il peut se laisser aller. Aimer ce qu’elle est. Comme je voudrais croire en ces stupidités chrétiennes juste pour ça. Pour lui assurer qu’il l’aime.

Qu’il aime chaque parcelle d’elle autant que moi.
Qu’il regrette d’avoir été absent pour ses premiers mots, ses premiers doutes ou ses premiers chagrins.
Qu’il s’en veut pour cette bulle d’air emplie de souvenirs sans image qui ne sont pas les siens.
Qu’il donnerait n’importe quoi pour ne pas avoir pris la route ce sombre matin.

Et ce soir, lorsque je rentrerai, je la serrerais dans mes bras. Parce que ça a dû être dur. Parce que ça doit encore être dur de sentir ce vide en soi.

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