Deux Mille Neuf ®
Jeudi 1 janvier 2009
Un an que je tiens ce carnet au quotidien avec des mises à jour parfois attendues certes mais des mises à jour tout de même. Trois cent soixante-six raisons de continuer à baraguiner sur la vacuité de ma survie quotidienne.
Sinon, rétrospectivement, 2008 fut quand-même un cru tout pourri et cela est peut-être dû au souvenir mélancolique d’une année 1998 qui avait été particulièrement importante dans une vie adolescente empreinte de tourments spongieux.
Voyons les coquins coups que cette salope de vie peut encore nous donner…
A suivre.
Hello World ! & happynewyear !Sweepstake ®
Mercredi 31 décembre 2008
Le nouvel an est une des soirées les plus détestables de l’année où tout le monde s’efforce d’afficher une mine réjouie et figée. Un masque pour cacher les erreurs de l’année écoulée. Les fautes graves. Les faux rires sont légion et tes pieds s’enfoncent dans le carrelage boueux sous les douze coups de minuit.
Bizarrement et en totale opposition avec ces quelques phrases, j’ai passé un bon début de soirée, un milieu assez banal et une fin avec ses hauts et ses bas. Un total coup du hasard. Veda avait dit c’est un an sur deux qu’on s’amuse.
La Saint-Sylvestre dernière n’avait pas été des plus réjouissante. Milieu hostile. Hoquet pénétrant. Prémisses de crise. Tout ça manquait de style. Celle-ci ne fut pas la folle rigolade escomptée. Un grand sourire simplement, sans forcer.
Ces prétextes obligatoires, ces bonheurs impératifs ne sont que les billes crevées d’une loterie et, comme dans la vraie vie des vrais gens, vous avez très peu de chance d’aligner les bons numéros.
Le sens du combat ®
Mardi 30 décembre 2008
Deux petites heures à donner/expliquer/corriger des exercices de grammaire afin de préserver Julie d’une seconde session furent suffisantes pour me dégoûter définitivement d’une peut-être future reprise et même à temps partiel d’un métier qui m’a nourrit durant deux ans.
Je préfère encore donner dans l’alimentaire ou vivre aux crochets de Veda… Ça ne me dérange pas moi.
Science occulte ®
Lundi 29 décembre 2008
Veda dit que mon manque d’assiduité en tant que lecteur entachera tôt ou tard mes désirs d’écrire.
Veda sait pourtant que les idées d’autrui délicatement mises en prose sont pour moi comme des tours de magie dont je peux percevoir les trucages. De sacrés bons trucages la plupart du temps et je me sens incapable d’en faire autant.
Parfois même les phrases sont si belles, les idées si incisives que seule la magie existe, me laissant bluffé et pantois, pourfendu par l’art que trop souvent je tente de pourfendre.
C’est mon comble à moi.
Lort flyselskab ®
Dimanche 28 décembre 2008
On repasse en République libre d’Outremeuse dire hej hej à Val et Deuch qui s’envolent demain pour Copenhague. L’air est vicié. L’ardent de la cité provient sans doute du smog.
C’est étrange de se balader dans un quartier qui ne nous appartient plus. Les rues sont totalement autres. Les vitrines nous sont étrangères.
Plus tard, Veda et Laetitia s’en vont pour un concert d’un groupe qui reprend Depeche Mode. Je patiente et fais du dogsitting en regardant d’un oeil distrait les Hot Shots ! L’humour a vieilli mais certaines subtilités m’apparaissent enfin, ma culture cinématographique s’étant élargie durant les quinze dernières années. Heureusement.
Ensuite la soirée s’est allongée avec de vieux videoclips moisis peuplés d’idoles et de fantasmes qui renforcent cette impression d’avoir à nouveau douze ans.
Je me souviens d’un carnaval organisé par mon école primaire (toujours ce sentiment de propriété nostalgique) durant lequel, déguisé en Perfect de Benny B, je m’étais retrouvé un moment confronté à un oncle qui m’avait averti des dangers futurs de la grande école en me confiant que je pourrais toujours compter sur lui pour me sortir d’un mauvais pas et autre tirade digne d’un film empreint de bons sentiments. Il m’avait dit alors : tu verras, tu vas changer… Bientôt, tu n’aimeras plus Benny B ou les autres trucs que t’écoutes…
J’avais acquiescé tout en clamant mentalement : non, c’est pas vrai, j’aimerais Benny B pour toujours !

Et bien il avait raison. Non seulement il a toujours été là en cas de coup dur mais je n’écoute plus du tout Benny B. Enfin sauf si je suis extrêmement saoul !
————————————————-
(edit) Note pour plus tard : si jamais un jour je réserve un billet d’avion en ligne sur le site d’une compagnie prodiguant des vols low cost, j’enquête d’abord sur sa situation financière puis je paie ! Ceci pour ne pas me retrouver coincé à l’aéroport alors que la société a déposé le bilan une petite journée après avoir cliqué “OK” en bas du formulaire de réservation.
Hank Moody style ®
Samedi 27 décembre 2008
Benoît nous parlait l’autre jour de Californication en des termes plutôt élogieux.
En dépit de son succès, on ne s’était jamais lancé dans la série, un peu comme on était passé à côté de How I Meet Your Mother.
La saison 3 de Dexter s’étant clôturée de manière un peu abrupte et la saison 5 de Lost revenant seulement le 21 janvier, nous nous sommes envoyé les deux premières saisons de la vie survoltée d’Hank Moody, un peu comme on avale un verre de Tequila !

Nous avons plongé dans un monde où de superbes filles s’offrent comme par magie à des hommes parfumés du même musc machiste que ceux de Rescue Me (sans l’excellent générique estampillé Von Bondies) un monde où tous les livres d’Hank Moody sont des albums de Slayer, une série dans laquelle tout le monde s’intéresse à la littérature alternative, cite volontiers Ellis et sait épeller Palahniuk.
Une putain de bonne série, quoi. Là où la mention sex, drugs & rock and roll reprend enfin tout son sens.
Art déco ®
Vendredi 26 décembre 2008
On balance Noël hors de l’appartement. Exit le sapin synthétique, les boules bicolores et les guirlandes clignotantes. On range tôt pour se rapproprier notre nouveau lieu de vie.
On glisse des pochettes de vinyles dans des cadres, on découpe des posters issus d’albums de Radiohead pour en faire des objets d’art. On donne un peu plus de chaleur aux murs gris, clairs ou foncés.
Dans l’entrée, la luminosité de l’ampoule filtre à travers les innombrables trous du tambour métallique d’une vieille essoreuse et donne une tonalité disco pas désagréable.
La nuit tombe, on regarde le travail accompli et on se sent définitivement bien chez nous.

