Le carnet

"ordinary life is pretty complex stuff."

 

 

Faits d’hiver 2 ®

Mardi 5 janvier 2010

Avec Audrey, on va boire quelques cafés pour teinter l’après-midi de quelques dépressives réflexions. Atonie et cadeaux de Noël.

Je lui offre Quelque chose en lui de Bartelby, le dernier Delerm pour la motiver dans la mise à jour de son carnet ; elle m’offre une jolie casquette trop petite pour mon énorme tête.

En quittant la place, nous passons par la librairie et nous achetons à deux Alcool de Poppy Z. Brite afin de satisfaire les ardeurs littéraires de Veda.

En passant devant une vitrine, la casquette trop petite voit sa jumelle à moindre prix.

Une astucieuse réflexion d’Audrey, un coup de coude dans l’épaule et voilà que retentit la sonnette du magasin. Mes joues rouges, ma demande inaudible, mes cheveux sales sous le bonnet puis sous une casquette irlandaise convoitée, les sourcils interrogateurs de la vendeuse peu sûre de ses facultés auditives et le malaise d’Audrey, surtout. Je l’avais pourtant mise en garde contre les troubles provoqués par les convenances d’une simple interaction commerciale.

Sinon, le café en bas de chez moi où chaque soir les clients me regardent de travers est plus sympa qu’il n’y parait.

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Les enfants c'est comme la neige

Faits d’hiver ®

Lundi 4 janvier 2010

L’avantage du chèque-cadeau, c’est que Veda et moi nous noyons dans l’illusion d’avoir de l’argent à dépenser juste de l’argent. Je n’en bénéficie pas et m’en contrefous. La jalousie n’est pas mon fort.

A 15h45, sur FB, mon frère écrit… Son statut me turlupine.

Le machiavélisme d’Alexandra’s Project fiche bien mal au ventre. Pauvre type glauque mais pauvre type quand-même.

Icon. [...] cette fiction s’emploie à démontrer l’influence de l’Occident sur l’ex-URSS. Avec pour point d’orgue, une scène dans un McDo. Il fallait oser. [...] Le Télémoustique parle de ces trois minutes durant lesquelles Swayze rentre dans un McDonald, rencontre l’un des serveurs, lui donne rendez-vous et finit par demander un beignet aux pommes. Complètement ouf !

Sur Arte, le premier documentaire consacré à Camus est véritablement soporifique.

Peu avant une heure du matin, un couple stationne devant la pharmacie de garde derrière chez moi. Les joues de la fille rougissent lorsque je les frôle laissant la scène transpirer le préservatif déchiré et la pilule du lendemain.

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Dirt Diver, mon héros

Vedanniversaire ®

Dimanche 3 janvier 2010

Veda a trente ans aujourd’hui.

Complètement aveuglé par le moisi mois de décembre, j’étais resté coincé dans l’idée qu’elle n’assumerait pas ce cap.

Apparemment je me suis bien planté et c’est d’autant plus cool lorsque les bières s’enchaînent et s’accordent aux guitares en compagnie de quelques amies.

Sauf qu’aujourd’hui Veda a filé vers Liège et l’avant-première de Mister Nobody, me laissant le temps d’effiler un peu plus le retard de ce carnet en compagnie de la voix de Josh Homme et quelques tasses de café.

Juste du bon temps en attendant le meilleur…

Puis toujours The Fondation Phenix Chronicles !

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Vedanniversaire et ça me rajeunit !

L’envol de la Momie ®

Samedi 2 janvier 2010

Plongé dans les turpitudes de cette fin d’année, je n’ai pas noté que ma petite sœur avait annoncé ses fiançailles à l’apéritif de Noël.

J’ai l’impression d’être secoué par cette nouvelle comme un père qui verrait sa fille quitter le nid familial pour prendre son envol.

Pourtant je suis loin de ressentir quelque instinct paternel. Je suis même à des années lumières d’un frère ultra-protecteur qui casserait la gueule à celui qui se jouerait de son cœur. Ouais j’ai déjà voulu le faire mais c’était un autre contexte puis je ne pouvais pas frapper une fille…

Attention je suis super heureux pour elle, pour eux mais un petit quelque chose au fond de moi pique. Une mini-tristesse.

C’est difficile à expliquer mais je pense qu’en étant la première à se marier, elle est aussi la première à rompre un lien entre mon frère, elle et moi. Sauf voyage temporel avéré, on ne reviendra plus en arrière, on ne s’appartiendra plus vraiment… Pourtant c’est juste une bague et un bout de papier signé !

Cette minuscule douleur prouve sans aucun doute que je l’aime mais elle sera également l’excuse pour que son mariage devienne la plus grosse biture de toute ma vie (ou au moins de 2011 !)

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Et on est le deux janvier...

Doux prémisses ®

Vendredi 1 janvier 2010

Devant la porte d’entrée, une bouteille de Martini à la main en clin d’oeil aux premières fois, les battements de mon coeur, conséquence physique d’une timide peur, s’apparentent tout-à-coup à l’effroi.

Une lumière tamisée filtre sous la porte mais aucun bruit ne provient de l’intérieur. Je pense fuite de gaz, changement d’avis, accident, violent déni… Dans l’urgence de mon retour, je n’ai pas envisagé cigarette et balcon.

Veda tourne la clé. Je rentre dans l’appartement.

Après quelques heures, janvier 2010 ressemble déjà à 2004, son envoûtant printemps et son été ensemencé de délices.

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Deux Mille Neuf

Juste un jeudi soir… ®

Jeudi 31 décembre 2009

J’enterre décembre 2009 dans le vin, l’écriture et la solitude.

Le début de soirée est plutôt glauque puis je me rappelle qu’on est jeudi soir, juste un jeudi soir…

Peu avant minuit lorsque j’apprends que mon papa n’a pas bu une goute d’alcool, que je ne devrais pas lui renvoyer l’ascenseur en jouant les sobres taxis, je termine la bouteille de vin, y ajoute quelques bières et des heures de musique à plein volume tandis que l’écran s’emplit de mots.

Cinq heures du matin.

La nuit s’est écoulée si promptement que le jardin est devenu blanc d’un seul coup, que 2010 est bel et bien là, que tantôt je rentrerai chez moi avec l’unique résolution de retrouver Veda.

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Sweepstake

Bring Back The Superman ®

Mercredi 30 décembre 2009

Veda a besoin de moi pour garder Crole le temps de quelques courses.

Tandis que je monte les marches de l’immeuble, mon cœur tente de dilacérer la peau recouvrant ma poitrine. Il va jaillir et rebondir contre le carrelage avant que j’atteigne le troisième étage. Au second, je rencontre Veda. Le malaise est épais, les yeux sont fuyants.

Nous traversons la ville, de l’immeuble à la bibliothèque, de la bibliothèque au supermarché, emplissant les silences d’insipides questions qui pour moi se rapprochent de l’allégresse.

Nous nous proposons mutellement un café et nous enfonçons dans les confortables fauteuils d’un lieu familier dont je n’arrive jamais à me rappeler le nom.

Rapidement, la conversation dévie vers les blessures ouvertes, les appréhensions futures et le vivifiant passé.

Je sais que tout va s’arranger.

Plus tard, Veda me montre à quel point elle s’est approprié l’appartement, autant de petits détails qui s’enfoncent dans mon corps comme des cure-dents dans quelques carrés de fromage. On se lance un au-revoir embarrassé en se promettant que je reviendrai vendredi soir avec de l’alcool et des picotements dans les doigts…

Je n’ai plus envie d’écouter Fuzzy. Je lance Them Crooked Vultures et laisse mes réflexes guider la voiture vers la campagne. La sérénité n’est plus très loin.

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Le sens du combat

 

§ Précédemment