Happy birthday Jesus ®
Jeudi 25 décembre 2008
Un vieux téléphone noir à cadran circulaire résonne dans l’appartement.
J’ouvre les yeux, légèrement ébloui par la lumière qui transpire du store. Les pas lourds de Deuch résonnent déjà contre les marches de l’escalier de bois. Nous en sommes à la sixième sonnerie, acérée et agaçante. Il décroche et crache un allo qui trahit à lui seul l’exiguïté de sa nuit.
Trois points de suspension avant que ne rugisse un VA TE FAIRE ENCULER CHRISTINE lui-même interrompu par le claquement du cornet contre l’appareil. Comme pour s’excuser, Deuch maugrée : à midi… Le jour de Noël en plus…
On ne peut pas lui donner tort même si l’Eglise voudrait que ce jour soit celui de l’indulgence et de la générosité, ce jour qui vit jadis dans l’imagination de quelques fous naître Jésus-Christ, piètre soi-disant sauveur de l’humanité.
Il faut préciser que Christine possède juste dans son prénom des siècles de croyance stérile et des sacrifices inutiles par milliers.
Nous ne pouvions cautionner cela. Une interlocutrice cachée derrière un pseudonyme profane et Deuch aurait certainement répondu aux multiples questions d’une enquête certes infructueuse mais sans doute rigolote pour ses commanditaires…
Somnoëlence ®
Mercredi 24 décembre 2008
Noël en famille, comme dans les films et pas comme dans la vie. Aucune ombre au tableau. Tout se déroule parfaitement bien. Chacun est content de ses cadeaux. Les commerces ont bien vendu malgré la crise. Brrrr.
Minuit passée, on rejoint notre deuxième famille, celle pour laquelle je ne bois plus durant la première partie de soirée. On arrive à Liège dans des rues que nous avons fuies pour mieux retrouver.
Malheureusement, je bois deux bières et je suis condamné. Gizmo chante. On a bien essayé de le mouiller ou de lui faire avaler quelque-chose, histoire que je ne m’endorme pas tout de suite mais en vain, je suis vanné.

Epuisé à ne rien faire.
A ce propos, ma soeur avait concocté un jeu de questions, histoire d’agrémenter le repas de Noël. L’une d’elle comportait la phrase : quelle est l’occupation favorite de Thomas ? C’est le petit ami de ma cousine qui y a répondu, la personne à table qui me connaît le moins… Il a trouvé la réponse était rien.
La perte du temps de recherche ®
Mardi 23 décembre 2008
La veille du réveillon et zéro cadeau, nada. Pourtant je ne stresse pas.
[...]
Ma recherche des cadeaux de Noël a été bouclée en une petite heure. Dans le même magasin. Je ne fais ni dans le détail, ni dans le compliqué. Le pire dans tout ça c’est que celui dont le nom est écrit sur le petit papier au fond de ma poche dira un truc du genre : “Haaa… Il sait toujours ce qui me fera plaisir !”
Le moins drôle, c’est lorsque nous avons voulu dévaliser le seul et minable congélateur végétarien sur la cinquantaine qui façonne les rayons d’O’cool, une grande surface dédiée à la gloire du four à micro-ondes. Une file interminable à l’unique caisse dont on ne peut se sauver, encerclé par des caddies fondants et de géantes glacières et un Bancontact/Mister Cash qui ne fonctionne qu’une fois sur deux nous ont fait perdre tout le temps gagné…
La société de consommation est une putain !
Caca et consommation ®
Lundi 22 décembre 2008
Veda est partie briguer quelques cadeaux de Noël dans cette nouvelle ville qu’elle ne connaît pas. Je devrais écrire. Je devrais lire. Cependant, je ne fais qu’observer par la fenêtre les incessantes allées et venues de badauds pressés et emmitouflés sous deux ou trois couches de vêtements.
Plus tard, nous irons dans un de ces magasins fourre-tout chercher l’une ou l’autre babioles pour des amis peu regardant. A un moment donné, je dois convaincre Veda d’arrêter les frais. Au rayon Jouets, le moindre joujou en plastique peu onéreux lui rappelant son enfance finit dans le panier.
Il faudra que Lola se soulage sur le tapis ocre d’un rayon pour que nous quittions au plus vite ce haut lieu de tentations débiles.
Demain, ce sera mon tour. Les cadeaux je veux dire. Pas de déposer un excrément mou et nauséabond sur le tapis ocre d’un magasin bondé. Ce serait moyennement apprécié.
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Et une mauvaise manipulation de la base de données sql m’a fait perdre 287 textes sur decadanses.com. Pourvu que je retrouve une sauvegarde quelque part… Ce genre de blague n’est pas du meilleur goût.
www.santaclaus.com ®
Dimanche 21 décembre 2008
Les dimanches de Noël ne peuvent être voués qu’aux films attribués à la même époque.
Je trouve alors une perle évoquant mes premiers frissons d’enfant. Un film que j’avais regardé une première fois alors que je logeais chez Patrick, quand mes parents écumaient encore les boîtes lors de la Saint-Sylvestre : 3615 Code Père Noël.
C’est l’histoire d’un petit garçon prénommé Thomas (comme c’est étrange) qui vit dans un château entouré de jouets électroniques bien eighties et qui contacte le Père Noël par Minitel mais c’est un meurtrier qui lui répond. Ce dernier, voulant se venger de la mère du garçon qui l’a viré de son job de Père Noël au grand magasin de jouets dont elle est pédégère, débarque dans le château et tue le brave chien d’un coup de pelle à tarte.
S’engage alors une lutte sans merci, dans le style Maman j’ai raté l’avion en un peu plus gore et un peu plus comment dire… “Masturbation cinématographique française”, René Manzor ayant déjà réalisé Le Passage avec quasiment la même équipe. Puis le film est tout de même produit par Francis Lalanne en personne !

Veda qui aime pourtant autant David Lynch que le plus stupide et insipide conte de Noël édulcorant les programmes de l’après-midi de TF1 n’a pas vraiment apprécié…
Monophobie canine ®
Samedi 20 décembre 2008
Hier soir, nous sommes partis une demi heure dans le centre et j’ai décidé de filmer le comportement de cette petite chienne au regard implorant lorsqu’on referme la porte d’entrée sur elle. Quelle tristesse de regarder le résultat…
Elle pleure les cinq premières minutes en effritant de ses griffes le vernis de la porte puis elle hurle, elle hurle à en crever et lacère le silence comme on déchire une feuille de papier.
S’en est trop pour Veda. Elle savait que ce genre de chien n’aimait pas la solitude. Désormais il nous accompagnera partout même si cela freine quelque soirée improvisée, même si la moindre vadrouille peut devenir insupportable.
Copinage dans le méthanal ®
Vendredi 19 décembre 2008
Peu avant onze heures, Veda s’est fait une copine de l’autre côté du fleuve. Une veille dame permanentée avec un petit chien noir. J’ai tout vu, j’ai pris des clichés et je les ai observées se diriger ensemble vers le salon de toilettage, la frêle main de Veda serrant celle ridée de la petite vieille.

Deux heures plus tard, lorsqu’après avoir rejoint Veda, nous sommes allés rechercher Lola, elle avait perdu sa tête touffue et son charme laineux. Elle ne ressemblait plus à rien. Hier, j’avais commencé à m’habituer à la promener et à faire fi des regards légèrement moqueurs. A partir d’aujourd’hui, ce sera nettement plus difficile… On dirait un caniche de concours qui n’aurait jamais gagné un prix sur toute sa carrière.
Dans la journée, je reçois un coup de fil de Deuch qui s’invite avec Val pour le souper. Malgré cette impolitesse flagrante face à laquelle je fais Bouuuuh, nous sommes ravis ! On essaie alors de trouver le bon feeling, d’affûter de nouvelles habitudes, comme un nouveau slip tout neuf, un peu étroit.
A mon avis, ils savent pour la vieille dame et pour Veda. Ils se sentent floués, trompés, déçus. Même si ce n’est arrivé qu’une seule fois et puis c’était différent… Ce n’était même pas bien. Ça avait comme un goût de naphtaline…

