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"ordinary life is pretty complex stuff."

 

 

Fahrenheit 11/11 ®

Mercredi 11 novembre 2009

Au journal de treize heures, on a ressorti les vieux, leurs bérets, leurs rides et leurs larmes.  Onze novembre style.

A chaque manifestation de ce genre vient toujours ce même bougre en costume impeccable, bleu-marine avec boutons dorés.

Il gare sa Peugeot 205 blanche gangrenée de rouille en bas de chez moi et attrape avec toutes les difficultés liées à la porosité osseuse l’immense piquet de drapeau qui traverse l’habitacle, du tableau de bord à la plage arrière.

Il s’en va alors fièrement, titubant sous les rafales de vent, prêt à siffloter l’hymne national, à pleurer un peu ses compagnons tombés au front, manger et boire à l’oeil.

Cet homme ne vit simplement qu’à travers les cérémonies, les monuments aux morts, les « madame la bourgmestre », les « une bonne guerre » et les « c’était mieux avant » …

Cet homme est celui qui ne me saluera pas lorsque poliment, j’inclinerai la tête, participant de ce fait à l’incorrection générale qu’affichent les personnes âgées.

Cet homme aurait pu crever comme ses compagnons d’infortune et, comme eux, sombrer dans l’oubli.

Un autre aurait alors vêtu son béret, son costume impeccable, bleu-marine avec boutons dorés. Un autre aurait porté un drapeau qui pour ma génération n’est qu’une parure mondaine et indécente, l’occupation futile de quelques hommes en proie au veuvage.

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Faites vos jeux...

Superman's dead ®

Dimanche 27 septembre 2009

On Les gens qui travaillent ne sont-ils pas sensés avoir un jour de congé quelque part par ici ? Juste histoire que je ne culpabilise pas trop de ne pas vouloir de boulot dans l’enseignement alors que le milieu regorge d’intérims !

Pourvu que la crise ne m’oblige pas à reconsidérer ce choix. Rien qu’à croiser ces petits scélérats sur le chemin de l’école et je suis ébranlé par une virulente crise d’urticaire. Kryptonite.

Demain je les croiserai encore, ces sportifs écervelés.

Je percevrai leurs chuintements à travers les guitares vomies par mes écouteurs. Ils se moqueront de Grenouilli, tenteront de l’effrayer tandis qu’ils succomberont lentement aux kilomètres de leur jogging du lundi matin.

Bon dieu, une barbe mange mon visage, justifiant l’âge adulte, infligeant normalement une certaine politesse, généralement feinte mais manifeste. Je préférerais ça aux crachats symboliques qui dégoulinent, indécelables entre mes omoplates.

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Engouement chimérique

Peeking down over land ®

Vendredi 25 septembre 2009

En juillet, je m’amusais et m’énervais à lire les critiques de quelques flandrins sur Allociné.

Aujourd’hui, je remets ça et m’attaque au secteur du jeu vidéo et particulièrement au grotesque jeuxvideo.com dont l’espace commentaire bien souvent laissé en jachère devient la proie de repoussants chardons qui livrent stérilement bataille sur un thème majeur : pc/ps3/xbox360. Affligeant.

Alors quand Rockstar décide de publier une nouvelle vidéo de son prochain DLC, la page surchauffe et s’encombre d’avis inutiles s’extasiant uniquement sur la présence du parachute, accessoire plutôt fun qui ne vaut absolument rien comparé au scénario complexe ou à l’immersion stupéfiante de la license. Mais cela, ces gamers en herbe passent complètement à côté.

Moi je préfère le projet de Gaming since 198x. Cependant lorsque les dits chardons rencontrent le site précité, ça donne ce commentaire magnifique tant par l’orthographe que par la philosophie qui en suinte :

GtA KinG le 26/8/2009 à 21:41 :

En général gta est un bon jeux,ou est-ce que je trouve qu’il devrais un améliortion ses du coté vêtement.. Gta est un jeux de gang/cash/drogue ”Gangster”.. C’est tres décevent de voir que il n’ai pas d’HABI DE ”Gangster” cela ne fait pas le jeux par contre ! Aussi ce qu’il étais bien de San Andreas c’étais les gangs!dans gta 4 on a pas vraiment de gang mais bon a vous de juger !

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Kamikaze

La poudre aux yeux dans le nez ®

Mardi 22 septembre 2009

Vers minuit, je descends dans la rue avec Mustapha, petit moment désagréable lorsque je passe devant le café : à travers les vitres, les clients ivres arpentent un monde bien différent du mien et me dévisagent maladroitement.

Quoi ? Un bonnet alors qu’il fait quinze degrés ? Mes tétons ne pointent même pas sous mon t-shirt G-Star !

La pénible sensation dépassée de quelques mètres, mon esprit s’évade jusqu’à ce que des hurlements de pneus lacérés par l’asphalte détrempé me vrillent les tempes. Dans un rugueux tête-à-queue, une voiture s’est immobilisée à hauteur du café.

Les battements de mon cœur démaillent lentement mon gilet de laine. Je lance un regard au tas de ferraille dont les roues rudoient déjà le goudron d’où s’échappent d’aiguës lamentations : un vieux modèle de Citroën Saxo aux flancs défoncés.

Dans l’habitacle, deux inaptes gourdiflots dont les orbites sinistres entourent de sémillantes pupilles s’esclaffent. L’un deux enfonce l’accélérateur et la voiture remonte les quais, patine dans les courbes du rond-point avant d’être aspirée par les ténèbres.

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Solitude needs compassion

Les maçons du coeur ®

Mercredi 16 septembre 2009

J’ai regardé une étrange émission, désagréable et maladroit mélange des déjections télévisuelles existantes.

La famille Mendoza s’offre son quart d’heure de gloire outre-Atlantique et c’est navrant à observer, spécialement le jeune garçon Mendoza. Ce dernier ressemble à l’un des Freaks de Tod Browning qu’on aurait affublé des monstrueux vêtements de Snoop Dogg.

L’émission s’appelle Extreme Make Over Home Edition ou dans la traduction française Les maçons du cœur et d’après ce que j’ai compris, l’équipe de télévision a complètement revu la vie de ces petites gens, commençant par envelopper chaque pièce de goûts bien discutables façon cheap D&Co.

L’extérieur a été complètement repensé, passant de terrain vague où règne le tétanos au jardin d’Éden (si Dieu s’était inspiré des restaurants japonais bas de gamme, les stupides cadeaux en moins) façon cheap Silence ça pousse.

L’émission ne s’arrête pas là car la voiture du jeune Mendoza précité a été agrémentée d’accessoires coûteux et insensés  (qui a besoin de quatre écrans plats sur le tableau de bord ?) La rouille a été remplacée par une couleur criarde qui foutrait la honte à put_any_name_here de Secret Story façon cheap Pimp My Ride.

Les maçons du coeur ont même repris en main ce jeune rebut en lui décrochant un job, teintant leur discours de nombreux conseils fort inutiles et d’encouragements fallacieux frôlant de justesse la thérapie par le sport façon cheap Pascal le grand frère.

Ces maçons prennent véritablement leur mission au sérieux et ont à mon humble avis plus de couilles que de coeur…

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Réciprocité harmonique

Sans Bichon ®

Jeudi 10 septembre 2009

L’autosatisfaction est à nouveau de mise dans les couloirs ertébéens.

Une place aux Guignols, des citations à travers la presse française et les journaleux belges se gondolent et bandent de plus belle. Ils aiment être LE buzz mais souvent confondent underground et vedettariat. Plus navrant, peut-être qu’ils savent ce qu’il font.

Tous les moyens sont bons pour peopoliser leur staff, quitte à concocter des sujets sur l’interne, faire de l’info avec leur quotidien. D’ivres animateurs se trémoussant sur la piste alors qu’un pouacre ministre titille la platine, il est beau le reportage. Se chatouiller ses propres aisselles n’a jamais fait rire personne ou juste les primates…

J’attends de les voir en performance karaoké, sortis des wagons d’une entreprise publique à la faiblesse d’un Télévie. En attendant, en lieu et place de révolutionner réellement le journalisme, ils s’exercent et noircissent leurs carnets de piètres autographes.

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MacMoignon

Le couscous de Joanie ®

Vendredi 7 août 2009

Joanie n’a pas son pareil pour concocter un couscous. C’est sa spécialité. Et compter les grains de semoule, c’est son hobby. Elle aime aussi avaler une cuillerée de bouillon, c’est gras et très bon.

Le liquide bouillant emplit les craquelures de ses lèvres boursouflées et continue de couler le long de son luisant menton évitant les quelques blancs boutons par les chemins détournés des imperfections de sa cosse. La sauce goûte sur la plantureuse poitrine de caoutchouc qui orne un tablier ridicule, même pas drôle pour un gosse. Un cadeau ou plutôt un souvenir du temps où Joanie avait des copines. Le temps où elle se sentait certainement moins nulle. Un temps où, sans son époux, elle pouvait rouler sa bosse.

Désormais, qu’est-ce qu’il lui restait à Joanie ? Un mari vulgaire et des grains de semoule. Une télévision et des fantasmes suicidaires. Joanie pleure. Elle envoie virevolter son tablier à l’autre bout de la cuisine, les miroirs sont un leurre, il se pose à un mètre derrière elle dans une humide bassine.

Joanie attrape une merguez congelée et l’enfonce. Juste au-dessus de son sein gauche, le vrai, le renflé, celui qui tend vers sa vulve sèche comme une pierre ponce. Aucune douleur. Joanie aimerait que la merguez soit assez dure pour transpercer l’organe fripé et impur qui lui sert de coeur…

Autour de Joanie, le temps s’arrête. Le chat commence à miauler à en perdre la tête. Joanie a vu dans un épisode de Sex and the City qu’elle pourrait utiliser la merguez d’une sinistre manière mais elle ne préfère pas y songer. Ou peut-être juste un peu : prodiguer à la saucisse une nouvelle carrière. Joanie a envie de se salir et le bouillon seul, dégoulinant de ses lèvres ne lui suffit guère.

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Obstacle One & Obstacle Two

 

§ Précédemment